
Enzo Sanhard, aspirant-journaliste fraîchement émoulu, empli d'idéaux et de pizza con carne, s'était assoupi, cédant au chant des berceuses d'illusions et aux effets soporatifs d'une digestion laborieuse. Il ambitionnait d'intégrer la rédaction d'un journal de stature internationale, pas moins, une obstination dont la princesse faisait les frais en attendant. Enzo se réveillait six mois plus tard, parachuté brutalement au plus bas de l'échelle du fleuron de la presse à scandale de la ville, le Comborne Sun. Un atterrissage à sensations qu'il devait à l'exaspération d'un père déterminé à sevrer à la hussarde son fils du giron familial. Partageant son temps entre le courrier des lecteurs et les chiens écrasés, Enzo ne pouvait admettre d'être sous-employé de la sorte sans que chance ne lui soit donnée de faire ses preuves. Ses vœux allaient être exaucés.
AUGUSTIN BROONS (2011)
Texte extrait de NEB© avec l'autorisation de l'auteur
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