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SÉANCE 52 : MES RÉGIMES :

Les femmes sont toujours au régime, en réalité elles en parlent plus qu’elles ne le font.

Je fais partie de celles qui mangent 10 fois plus dès lors que je décide de me mettre au régime, l’idée même me plonge dans un état permanent de faim, j’ai faim par avance à l’idée de manquer.

Manger devient  alors mon problème et mon obsession.

Ce matin je suis montée sur la balance. 5 kilos au dessus du poids que j’ai envie de lire !

Je sais que je ne suis ni grosse, ni ronde.

Je rentre toujours dans mon ancien 38.

Mes anciens 38, un peu détendus par les lavages successifs, les 38 neufs je ne risque pas de les enfiler !

Je n’ai pas de quoi m’alarmer, mais ma danse du ventre serait  vraiment généreuse.
Je n’ai jamais rêvé d’être sans forme.

Je crains que les femmes plates ne manquent de sensualité.

Comme  j’ai une certaine estime de moi devant une glace, je n’ai pas envie de voir des kilos s’ajouter aux kilos.

Dans la rue je ne peux m’empêcher de remarquer les grassouillettes.

Certaines ont la grassouille généreuse et joyeuse, d’autres au contraire ont la grassouille huileuse, écoeurante et triste.

Celles-là je les plains.

Mais quand je les vois pousser leur Caddie, je comprends qu’elles ont cédé, baissé les bras, abdiqué.

Et je trouve cela effrayant.

Quand le corps est laissé à l’abandon des kilos, à l’abandon de l’amour et de l’estime de soi.

Dire que l’on veut se mettre au régime, quand personne ne s’est rendu compte qu’on avait pris un peu, c’est presque déplacé, prétentieux, honteux.

Il faut le faire en cachette sans en parler.

Mais moi je suis incapable de faire un régime, silencieux, je braille à qui veut m’entendre que je ne mange plus de pain et de sucre et que c’est horrible, abominable. Car le pain, le beurre et la confiture, il n’y a rien de meilleur au petit-déjeuner avec une grande tasse de café.

En vérité je ne suis pas faite pour le régime.

Plus qu’une gourmande, je suis une picoreuse à toute heure, une grignoteuse, rien de meilleur qu’un bon verre de vin rouge, avec un délicieux fromage et un morceau de pain de campagne au milieu de la nuit quand tout le monde est endormi, que la maison fait silence, et que je peux savourer cet encas, comme si j’en avais été privée depuis trop longtemps.

Je n’aime pas manger pour me nourrir, mais j’apprécie de manger par plaisir.

Et aucun régime ne peut faire plaisir.

Le secret serait de ne jamais trop grossir pour ne jamais  avoir à maigrir.

ALICIA RAHO (2011)

Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

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