
Ariane n'avait pas dissimulé sa contrariété quand elle fut instamment priée d'épiler sa patronne in extenso juste au moment de la fermeture, Alix Castongay recevait le soir même la visite d'un galant qui devait tolérer la toison en nul autre endroit que la tête. Elle s'était livrée sans retenue aux mains délibérément indélicates de son employée qui, soutenant son regard, lui avait lentement arraché les bandes une à une, elle s'était mordu les lèvres, sans mot dire. Une ultime onction aux huiles essentielles et un flot de questions insidieuses sur sa rencontre avec le bel homme en noir avaient achevé d'exaspérer Ariane, sa fille l'attendait. La nuit était tombée, elle se retrouvait seule à ranger la salle où elle venait d'officier, son émotivité l'avait une fois de plus trahie, certaine que rien n'avait échappé à la sagacité d'Alix. Elle se refusait à admettre le trouble que cet homme avait éveillé en elle, cette garce avait raison. Mais le chantage en sous-entendus dont elle fut l'objet était plus préoccupant. Alix était convaincue qu'il était le maître du chien meurtrier pour l'avoir vu tout au long de l'après midi à ses pieds. Elle sommait Ariane d'en savoir plus, se fichant éperdument qu'elle ignore ou non tout de lui et la manière dont elle allait y parvenir. Alix s'était retirée dans le vaste appartement situé à l'étage, un silence pesant émaillé de bruits étranges venant du sous-sol avaient précipité la sortie d’Ariane du Boudoir.
AUGUSTIN BROONS (2012)
Texte extrait de NEB© avec l'autorisation de l'auteur
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