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SEANCE 55 : LE MARATHON :

Ce matin, je me suis imaginé que la vie était un marathon, l’important était d’aller jusqu’au bout, sans s’écrouler en bavant sur la ligne d’arrivée… Il s’agissait donc de s’y préparer longtemps à l’avance.
Longtemps à l’avance, signifiait pour moi, dès maintenant, je n’avais donc  plus de temps à perdre.
« Sacré Exercice de style  me suis-je dit.
Mais je suis mauvaise dans tous les types d’exercices, surtout ceux qui sont obligatoires.
 J’ai abandonné l’idée du journal de vie, car écrire chaque jour sur une page blanche, m’angoisse. J’ai laissé tomber les mouvements de gym du matin, destinés à muscler mon dos, car je ne supporte pas la répétition, et j’ai échappé aux rituels de la préparation planifiée des repas quotidiens. J’ai opté pour l’improvisation journalière, opération plus ou moins douteuse d’ailleurs.
J’admire sans envier « les structurels structurés qui structurent et restructurent » leur vie et leur temps.
Mais les gagnants du marathon sont ceux, qui selon des règles probablement strictes, se sont astreints à suivre un régime alimentaire et des heures d’entraînement quotidien pour atteindre leur but :   « faire le marathon, voire le gagner ».
Au fond, quel but voulais-je atteindre ?
Vivre le plus longtemps et le mieux, ma modeste, mais néanmoins, extraordinaire vie.
Me fallait-il un entraînement particulier pour y arriver ?
N’avais-je pas déjà un coach ?
Ma psy n’était-elle pas, à sa façon, mon coach ?
Quand je lui ai demandé si elle acceptait de me coacher, pour la première fois, depuis des semaines, je la vis rire.
Je ne peux pas expliquer le ricochet que son rire produisit en moi.
L’étonnement ?
La vexation ?
La gêne ?
Ma question semblait-elle si incongrue ?
«  Je suis votre reflet dans le miroir, je ne vous montre que ce que vous me montrez, en accentuant peut-être quelques traits comme un miroir déformant. »
J’avais obtenu une réponse digne du Sphinx.
Elle était mon reflet déformé.
Je ne l’avais jamais vue sous cet angle.
Soudain, par réciprocité, je me voyais vêtue comme elle, avec ses chaussures de bonne sœur, et en sortant, je ne pus réprimer un éclat de rire.

Comment allais-je courir un marathon avec de pareilles chaussures aux pieds ?

 

ALICIA RAHO  (2012)

 

Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

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