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c.c LOU : UN ALBUM GOURMAND ! par Archibald PLOOM :

Il suffit d’avoir travaillé un peu dans le show business pour savoir  :

       -      qu’il ne suffit pas d’avoir du talent pour réussir…

       -      que le talent est parfois un énorme handicap pour réussir …

       -      que la réussite artistique n’a souvent aucun rapport  avec le talent mais qu’il arrive que le contraire soit possible.

Voilà c’est dit.  La question du show business étant épuisée, je voudrais ajouter qu’heureusement il existe des filières artistiques parallèles qui permettent à de vrais talents d’émerger.  C’est le cas  du magnifique album de c.c. LOU intitulé “Gourmande". Joli titre qui correspond bien à cette gourmandise artistique qu’on écoute et réécoute  avec un plaisir toujours renouvelé.

c.c. LOU n’en est pas à son coup d’essai car dans les années 90 elle avait débuté  une carrière de chanteuse avec un single chez Sony intitulé  “Nathalie s’en fout” et un autre chez WEA : “Ce soir”. Elle dût malheureusement faire face à la défection de son producteur d’alors qui n’était autre que Patrick  Sébastien.  Quand on sait la fragilité des carrières artistiques, on peut imaginer le désastre existentiel que fut cette catastrophe pour celle qui portait alors le nom d’artiste de Christine LOU. 

Heureusement encouragée par le réalisateur  Christian Lachenal,  c.c LOU  revient avec ce très bel opus  aux somptueux arrangements.  “Gourmande” comporte 12 titres qui font la part belle  à une inspiration sensuelle  aux scansions gainsbouriennes, mêlée d’irrévérence rimbaldienne.  Rien à dire sur la production  d’un  très haut niveau. Nul doute, on a à faire  à des professionnels qui ne laissent rien au hasard. Christian Lachenal a travaillé sur ces douze chansons comme l’orfèvre réalisant un collier d’exception en ciselant des diamants de toute beauté.  Grand maître des arrangements il a su servir  des textes et des compositions, nous rappelant qu’un peu d’expérience ne nuit pas et qu’il faut savoir prendre son temps pour  créer une belle oeuvre.

cc.Lou avance drapée dans des notes profondes de piano parfois mélancoliques :  “Mauvais carbone”, “Je fume” ou dans les rythmes synthétiques d’une sensualité éperdue : “Apoca”, elle  s’amuse aussi  du monde qui est le nôtre : “Intox”  et égratigne  les petites connes insupportables qu’on rencontre tous un jour ou l’autre : “Les perruches”.  Le titre “Gourmande” est particulièrement réjouissant  par son côté frondeur et franchement désobéissant.  “Fais moi l’amour”  dessine les contours  d’un plaisir partagé,  enveloppé dans une orchestration  voluptueuse  et légèrement nostalgique.

J’ai déjà parlé de la qualité des arrangements  mais je voudrais ajouter  que cc. Lou est une véritable  chanteuse qui sait varier ses interprétations  et nous entraîner  dans des univers  musicaux très différents  ne laissant jamais notre attention retomber.  Elle passe de l’enjôleuse à la provocatrice, de la mélancolique à l’amoureuse, sa voix frôle parfois celle de Barbara mais s’en éloigne  immédiatement  pour retrouver la clarté  de celle d’une jeune femme qu’elle ne cessera  jamais d’être.  “Mon dernier amour” laisse passer le frisson de l’amour qui se découvre entre deux êtres. Fragilité des sentiments, des gestes, des abandons. 

cc.LOU est par ailleurs une authentique auteure qui sait créer des univers de mots  où la simplicité des formules ne retranche jamais rien à leur poésie. Les textes jamais ne s’écartent des thématiques existentielles qu’elle explore avec une gourmandise qu’elle nous fait partager. Plaisir des mots, des caresses, des vies que nous traversons, la nôtre et celle des autres. Tout est beau chez cc.LOU jusqu’à la tristesse. 

Enfin cet album, s’il est un hymne à l’amour, fait l’économie d’en répéter le mot, et choisit plutôt  de le mettre en situation : “Flamme, Délicate, offerte à tes ébats. A ta version femme du Kama Sutra”, reconnaissons à cc. LOU d’avoir le sens de la formule. Et puis cet album est aussi une déclaration d’amour aux femmes que la chanteuse a aimées car dès le premier  titre “Je fume” elle a ce naturel tout baudelairien de dire son goût des femmes :”Je fume Benson sur Benson En t’oubliant Je m’amazone Entre les seins d’une garçonne Qui me rallume De tout son feu” Album absolument explicite de ce point de vue qui par sa franchise étonne et ajoute à notre plaisir d’avoir écouté une oeuvre aboutie à la sensualité  gourmande et assumée.

ARCHIBALD PLOOM (2012) 

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 DECOUVRIR L’ALBUM de c.c LOU

 

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