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NOS ANNEES FOLLES de LINDA GRANT :

Penchés sur le berceau du nouveau né, les parents attendris souhaitent toujours le meilleur pour leur enfant chéri. Mais le destin de chacun reste improbable.

La sphère familiale, aussi protectrice soit-elle, est une carapace bien fragile face aux évènements qui peuvent bouleverser des existences. Nous sommes acteurs de notre vie, témoins de notre époque, mais la vie de nos ancêtres, offerte en héritage, influence t-elle aussi notre destinée ?

Linda Grant, dans son roman Les années folles, nous plonge dans la vie de Stephen et Andréa. Tout semble séparer ces deux jeunes et pourtant, comme dans un conte de fées, ils vont se rencontrer. Avec exaltation et fierté, Stephen raconte la jeunesse et le courage de ses parents et ce bagage semble le transporter vers l’insouciance. La vie est bien belle et douce dans ces années 70, l’optimisme est de rigueur, alors pourquoi ne pas en profiter ? Pourquoi penser qu’elle puisse se compliquer ? La guerre est désormais bien loin, l’avenir est prometteur.

Dans ce climat de bonheur et de douce folie, Stephen et Andréa, donneront naissance à deux enfants, Marianne et Max. Dorénavant, trois générations se côtoient sans toutefois se comprendre. Elles sont empreintes de souvenirs vécus ou légués, sans la même résonnance, sans la même importance dans l’inconscient de chacun.

 Le lecteur devient, au fil des pages, le témoin de non dits, de secrets de famille si douloureusement gardés et des états d’âmes changeants.

Comment la vie de Stephen aurait-elle évolué s’il avait su ? Aurait-il emprunté les mêmes chemins ? Andréa viendra à penser qu’elle avait eu de la chance avec ses parents. Ils lui avaient donné la vie et pas grand chose d’autre, rien à porter.

Marianne et Max à l’aube de leur adolescence recherchent eux aussi un idéal. Ils doivent composer avec « leur monde ». Il ne ressemble plus vraiment à celui de leurs ascendants, il est abimé, plus hostile, des richesses ont été gaspillées. L’entrée dans la vie adulte n’est pas toujours sereine, elle inquiète ces parents bien établis avec un mode de pensée devenu démodé.

Marianne a choisi un métier pour figer les horreurs et la futilité, celui de Max lui permettra de vivre dans l’illusion et d’offrir encore et toujours de la rêverie. Est-ce culpabilisant pour des parents d’avoir vécus comme des privilégiés, dans une époque inscrite comme une parenthèse, le calme après et avant  la tempête ?

Pour ne pas partager les doutes et les craintes de Stephen et comme l’avenir est toujours incertain, il est rassurant de penser, qu’avant d’atteindre la prétendue sagesse, les générations futures trouveront la voie pour vivre aussi "leurs" années folles.

SYLVIE LAVAINE (2012)

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