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SEANCE 59 : LES AILES DU DÉSIR :

« La vie est plus compliquée que ça ! » Si au lieu de me répéter ce leitmotiv je me disais plutôt : « La vie est plus simple que ça ! »

Peut-être que l’effet boomerang serait de rendre la vie plus légère, plus digeste, plus positive, plus optimiste, plus joyeuse.

Chausser des lunettes roses pour regarder la réalité d’un autre œil, avec un autre regard, sans les « oui mais », sans les critiques acerbes, sans les « jamais satisfaits », sans les « peut mieux faire », sans les « c’est mieux chez les autres », sans les « j’aurais dû », « c’est dommage », « c’est trop tard », sans les « j’ai raté ma vie » … En fait juste une habitude à prendre, tout est question de reformulation relativement  à la charge que la vie nous impose où que nous nous octroyons généreusement.

Ce poids que l’on s’impose sur les épaules, il est vrai que le kilo de plumes et le kilo de plomb pèsent autant et pourtant psychologiquement se dire que l’on porte un poids de plumes rend le poids plus léger, plus supportable moins écrasant.

Ensuite pour changer le poids plume en ailes, il n’y a qu’un pas à franchir. Qu’une image mentale à visualiser.

Je porte deux ailes de 500 g chacune, bien réparties de chaque côté de mon dos, pour stabiliser mon équilibre, accrochées à mes omoplates. Des ailes solides, fonctionnelles, élégantes, pratiques, mobiles, amovibles, des ailes utiles et décoratives.

Je peux les décrocher, les raccrocher, les plier, les déplier, quelques battements et je m’éloigne des intempéries de la vie, suspendue juste au-dessus des nuages gris.

Beaucoup choisissent de porter leur croix et le revendiquent y compriscertains  non-croyants.

Comme un gage de bon chrétien  prenant en charge une partie du poids de l’humanité pour avoir bonne conscience ou s’assurer une place hypothétique au paradis.

Je ne suis décidément pas une bonne chrétienne.

Et pourtant je penche du côté de l’ange avec mes ailes.

J’ai été marquée par le film de Wim Wenders «  Les ailes du désir ».

J’en ai gardé le goût de l’écoute des autres, sans poser mon front contre le leur, mais en me tenant à une distance raisonnable pour ne pas sembler les épier.

C’est fou comme en écoutant on apprend de la vie des autres, ce qu’il faudrait ne jamais faire et ce qu’il faudrait copier.

S’inspirer des petits  bonheurs des autres finit par rendre heureux.

C’est une arnaque au fond cette idée du bonheur, comme la lune que l’on rêve de décrocher, autant y renoncer. Réaliser sa vie semble déjà un bel idéal.

Petits, sur les manèges, on voulait tous attraper la queue du kiki  au lieu de profiter du tour de manège on tentait désespérément de la saisir.

Quand le manège s’arrêtait on était déçus de ne pas avoir réussi. Pas question d’éprouver la même impression à la fin de ma vie !

ALICIA RAHO (2012)

Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

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