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JETSAM : JUMP WITH JETSAM : SAINT NAZAIRE PERD SON SAINT MAIS GAGNE SON SON ! :

Saint Nazaire  c’est un peu  la face ouvrière de Nantes la bourgeoise.  Il y a longtemps que Nazaire a perdu de vue son saint mais pas son son car dans cette bonne ville habituée a entendre la grosse caisse du martellement des chaudronniers  des chantiers de l’Atlantique depuis 1862 et la construction  du paquebot  “Impératrice Eugénie”  pour la compagnie générale transatlantique  et bien on aime aussi le rock.   Saint Nazaire est une ville taillée pour un écrivain de la trempe de Zola, cité industrielle ou les ouvriers sont fiers de construire parmi les plus beaux bateaux du monde, ville de sueur et de sacrifice, ville tournée vers l’Atlantique    chaque habitant  a quelqu’un de la famille qui a travaillé aux “chantiers”. Bon Zola n’a pas connu le rock mais sûr qu’il l’aurait aimé et aurait partagé en toute simplicité  une pinte de bière devant  une  scène  de metallos  déchaînés.  Le rock sent souvent la sueur des travailleurs et Zola était un émigré italien qui ne ménageait pas sa peine d’écrivain… Je suis persuadé que l’homme du  “J’accuse” aurait adoré  JETSAM  band nazairien qui  nous propose une jolie galette en acier trempé qui n’abuse pas des guitare sèches – quoique sur Nobody Ever Came… - préférant de loin celles qui font appel  à la fée électricité.  La basse fleure bon le son Rickenbacker – là-dessus personne ne peut me tromper – et les deux guitaristes ne cherchent pas les jolies harmoniques, on sent bien que le groupe tourne méchamment à l’instinct, un instinct qui nous suggère à l’écoute qu’une guitare  est composée en partie de cordes métalliques qui doivent faire saigner l’âme … une âme qui est d’ailleurs  salement ébranlée par la voix du chanteur plaisamment arrosée  d’un Whisky  écossais  de trente ans d’âge qui se serait égaré au fond d’une tourbière.

Le groupe sait alterner les titres même si les 3 premiers sonnent la charge sur des tempos accrocheurs et des gimmicks à six cordes qui ne soutiennent pas que le pendu.  After The City referme la cavalcade avec brio. Nobody Ever Came calme le jeu et nous laisse profiter d’un somptueux arrangement de guitare tendu d’un acier aux courbes étonnement romantiques.  For My Sister trouve son inspiration du côté d’une  Amérique profonde  et inspirée  et Another Moment a curieusement  des accents de rock mexicain quand la voix de Philippe Yvoret  semble  soudain  résonner dans une église où jouerait le groupe Mana….

In The Street Of The River Side nous propose une ballade où les guitares se font terriblement enjôleuses et nous laissent plantés au milieu du boulevard quand le titre s’interrompt.

How Much Sadness DoYou Need A Blues aura pour les connaisseurs un léger accent Wellerien qui se retrouve aussi dans le titre d’ouverture Jump with me (quel programme ! ) et Old Bench’in Memphis nous rappelle que les racines de JETSAM plongent profondément  dans une Amérique Sudiste  où les guitares sont des déesses  et les musiciens leurs officiants dévoués ; la route est cahoteuse mais vous appréciez  d’être  assis sur une botte de paille à l’arrière du van, les oreilles au vent.

12 titres en noir et blanc qui fleurent bon un bayou imaginaire révélé par un band dont les répétitions se déroulent dans une ancienne base sous-marine… ça ne s’invente pas !

ARCHIBALD PLOOM (2012) 

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