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SARAH CARLIER : FOR THOSE WHO BELIEVE - UNE DES RÉVÉLATIONS POP-ROCK 2012 :

La musique peut être une chose très simple. Vous posez un album sur votre lecteur et la magie opère. Au fond c’est ce que nous recherchons tous.  La musique nourrit nos vies, elle nous est indispensable et à ce titre elle nous offre parfois de magnifiques rencontres. C’est le cas avec le premier album de Sarah Carlier née à Bruxelles d’un père belgo-congolais et d’une mère tchadienne.  Les histoires d’amour si elles se terminent mal en général sont quelquefois aussi responsables de la naissance de petits bébés surdoués et habités par la grâce. Sarah Carlier  n’est plus un bébé mais  elle  compose des titres merveilleux qu’elle chante  avec un talent qui laisserait supposer qu’elle sort son dixième album alors que For Those Who Believe est en fait le premier.  Seule la musique est capable de pareilles révélations.  Cet album est tellement abouti qu’on peut imaginer que Sarah a été immergée dans un univers familial qui a favorisé l’émergence de son talent.  Sa mère écrit, son père est musicien professionnel, il lui offre sa première guitare. Elle en fera bon usage.

Sarah Carlier est une jeune fille discrète mais dès qu’elle chante la magie nous submerge et nous sommes transportés dans un univers  où sont sublimés des thèmes  de la vie quotidienne comme c’est souvent le cas dans le blues  ou les folk songs.

Les textes sont écrits en anglais, leur style est simple et direct, ils racontent des petits moments de vie ou des expériences personnelles généralement sentimentales.  He Said traite d’une histoire amoureuse qui tourne mal et qui laisse la chanteuse face à son chagrin : “ He said  that I was the one was the only one… He made me fall all the way down down down All the way down.” L’arrangement qui joue sur les voix et la luminescence des guitares donne au titre une dimension intemporelle qui convient bien au thème. Comme souvent chez les compositeurs, ce qui paraîtrait ordinaire à d’autres vient se placer au premier plan tout simplement parce qu’il s’agit de l’essentiel comme dans Little Sister où les liens qui unissent deux êtres sont aussi ceux qui contribuent à l’inspiration de l’artiste. Backstage traite de la passion que chacun peut éprouver parfois pour celui ou celle qui semble nous transpercer de son regard  “In the basckstage of my mind Everthing is so different from what you can see With your clear eyes” .  Le tout présenté dans un écrin de guitares qui semblent avoir fait le voyage du Pacifique.  A ce titre il faut souligner l’excellent travail de production de Franck Baya qui a su donner à chaque titre une identité sans jamais négliger  l’unité générale de l’album.   Une mauvaise production sur un premier album peut tuer une carrière et il faut avouer que l’écueil a été joliment évité. 

L’histoire de Sarah Carlier est une incroyable success story puisque tout a commencé avec des videos de chansons postées sur Youtube qui obtinrent  tant de succès qu’elle décida de créer un compte AKAMUSIC permettant de trouver une production en la divisant en des centaines de participations d’internautes.  Retour intelligent du mutualisme artistique qui nous permet de découvrir une authentique artiste dont on ne regrette pas qu’elle ait finalement renoncé à ses études d’anthropologie pour se consacrer à son nouveau métier.  Les influences qui nourrissent sa musique sont nombreuses et percent de temps à autres à l’écoute : Tracy Chapman sans aucun  doute,   une pincée de Nina Simone et une poignée de Gnarls Barkley qui inspire Sarah depuis des années ; j’ajouterais Corinne Bailey Rae pour la  sensualité et la lumière qui émanent de ses titres.  Les bonnes fées qui se sont penchées sur le berceau de la petite Carlier ont visiblement  favorisé des dispositions qui se sont révélées dès qu’elle composa ses premiers titres.

Le titre d’ouverture Chorus Man met tous les indicateurs au vert dans une ambiance Chapmanienne aux arrangements d’une sobriété éclatante. Notons la discrète touche de violon qui donne au titre une dimension légèrement nostalgique.  La voix de Sarah Carlier vient immédiatement se placer au premier plan sans saturer cependant l’espace du titre.  Since qui démarre sur un arrangement arpégé de guitare met en valeur la voix de Sarah qui porte le titre avec le métier d’une chanteuse chevronnée.

Tenderness parvient à infuser la tendresse dans un titre ou le gimmick du refrain finit par nous tourner définitivement dans la tête. Notons l’excellent équilibre basse-percussion-synthétiseur qui fait de Tenderness l’un des moments forts de l’album. Let’s Believe suspend le temps dans une parenthèse qui fait la part belle à l’interprétation vocale dans un environnement sonore minimaliste où guitariste et clavier prennent plaisir à créér une ambiance musicale de grande classe appuyée par un arrangement à l’orgue qui nous transporte dans l’espace et se conclut sur le son de la cabine leslie  abandonnée à son propre mouvement.  Let The Thunder Boom est un titre remarquablement écrit où la poésie de l’orage qui passe se mêle aux humeurs hiératiques de Sarah. Le contrechant guitare sur le refrain nous pénètre comme une violente averse tandis que la syncope des mots nous traverse comme la foudre dans la nuit :  “Let his fucking rain fall tonight fall tonight fall tonight”. Les percussions et l’orgue – on ne dira jamais assez de bien de ce magnifique instrument ! - font de nouveau leur apparition sur Mister Ray qui referme For Those Who Believe. Le tempo est vif et l’atmosphère dansante.  La fête se termine sur un onzième titre à l’image d’un album  brillant et superbement arrangé  qui place incontestablement cet opus parmi les révélations de l’année.

ARCHIBALD PLOOM (2012)

 

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