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JOCONDE JUSQU’À 100 ET PLUS SI AFFINITÉS d'Hervé LE TELLIER :

Les bons livres ne meurent jamais… C’est le cas des “Exercices de style” de Raymond QUENEAU devenus définitivement immortels depuis 1947 et ce sera celui de l’excellent “Joconde jusqu’à 100” d’Hervé LE TELLIER. L’auteur, membre de l’Oulipo, a repris le bâton de pélerin de son éminent prédécesseur et s’est amusé  - car les membres de l’Oulipo s’amusent …-  à repeindre stylistiquement notre Joconde nationale.  Vont se succéder tout au long de l’ouvrage une grosse centaine de points de vue sur la géniale création de Léonard de Vinci.

Tiens au hasard commençons par la fin avec le point de vue de l’épitapheur  :

          “Ci-Gît   Mona Lisa Del Giocondo (1481-1528) 

   Passant qui passe sans rien dire, souviens-toi de son sourire.”

 C’est bien trouvé non.  Vous n’y aviez pas pensé non plus.  Vous en voulez plus ?  Pourquoi pas un petit tour avec Prévert :

“Il faisait si beau sur Florence ce jour-là.

Un barbu retouchait un tableau.

     Allez, dit l’enfant, viens. On va jouer à cache-cache.

     Très bien, dit le barbu, cours te cacher.

Je pose mes pinceaux.

Et Joconde jusqu’à trois”

C’est trouvé, non ? On retrouve dans cet exercice la dimension jubilatoire qui présida  - et préside encore - à tous les travaux de l’Ouvroir de Littérature Potentielle, Oulipo étant son commode acronyme. On pourrait définir la politique de ce grand groupe international – sans puissance économique et militaire mais à la tête d’une des plus grosses réserves d’humour de la planète - par la devise “A chacun sa contrainte …”. Car au fond les membres de l’ouvroir ont le masochisme créatif : “Imposez-moi  une contrainte et je vous créérai quelque chose de bien à base de mots !”  Hervé LE TELLIER excelle dans ce domaine et sa “Joconde jusqu’à 100” nous offre une heure d’élégante bonne humeur. Il paraît qu’en 1939 on riait 10 minutes par jour et qu’aujourd’hui on est réduit à une pauvre minute de rigolade. Avec cette Joconde Ouliposée vous  avez la garantie d’une bonne semaine de rire de 1939 ou trois mois de rire d’aujourd’hui.  Je ne prends pas parti mais  moi j’ai ramassé la mise d’un coup.  Quant aux coincés du rire, je pense que ce livre devrait être prescrit à doses homéopathiques afin de favoriser une rééducation progressive.

Tiens une petite dernière avant que vous ne vous précipitiez chez votre libraire pour mettre la main sur cette réjouissante  pharmacopée. Ce sera le point de vue de Radio Londres :

“Mona Lisa n’a pas envie de rire…

   Je répète :

  Mona Lisa n’a pas envie de rire…”

ARCHIBALD PLOOM (2012)

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