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CLOUD NOTHING : ATTACK ON MEMORY - UN ALBUM NOISY EN DIABLE ! :

CLOUD NOTHINGS est une petite affaire rock qui s’est montée du côté de Cleveland en des temps où la précarité et les difficultés de fin de mois s’accumulent comme de vilains nuages au-dessus de cette région. Mais la jeunesse vient à bout de tout par son énergie – souvent - et son aveuglement - toujours. Dites à un gamin de 15 ans que les carottes sont cuites et il haussera les épaules en se curant le nez, mettez lui une guitare électrique entre les mains et là vous pourrez constater que toute sa révolte  prend soudain un autre sens à travers des riffs qui dupliquent le son d’un supersonique volant à basse altitude… C’est un peu le cas de ce band de jeunes gens aussi fougueux que talentueux.

Après un premier album éponyme, CLOUD NOTHINGS nous propose un second opus grungy pop qui n’est pas sans rappeler certaines envolées nirvanesques mais évitons les empilements de références qui pourraient noyer le poisson dans l’eau des grands lacs. Le titre d’ouverture NO FUTURE/NO PAST, totalement barré, propose une ambiance lancinante et anti-utopique qui vous offre une place dans les longues files d’attente des chômeurs des villes en cours de désindustrialisation… Heureusement  le titre suivant WASTED DAY enfourche une monture plus fringante où des guitares volontairement discordantes flirtent avec une ligne de basse solidement ancrée dans la matérialité. La base punk du groupe ne laisse aucun doute sur FALL IN qui allie fraîcheur adolescente et efficacité rythmique et se termine  sur une envolée guitaristique qui survole l’écueil des clichés ; visiblement personne ne se prend pour un guitariste héros chez CLOUD NOTHINGS…

STAY USELESS et SEPARATION illustrent, avec force mouvements de cymbales et gribouillages à six cordes, l’esprit grunge qui anima les grands aînés. La voix juvénile du chanteur nous rappelle au passage que cette spécialité rock passe rarement la trentaine. NO SENTIMENT, comme son nom l’indique, ne fait pas dans la dentelle. OUR PLANS nous offre quelques notes arpégées sur le couplet avant de les dissoudre dans un refrain rauque à souhait. CUT YOU fleure bon le garage clevelandien avec son refrain anti mélodique entêtant, encadré par des guitares saturées d’aigus.

L’ensemble produit par Steve Albini, grand maître du noise rock, laisse l’impression d’un revivalisme digne des années 90. A l’époque, Dylan Baldi, le fondateur du groupe, se baladait en couche-culotte devant le téléviseur familial qui diffusait les clips de Nirvana …

MARIE SATOUR et ANTONY ZIMMERMAN (CULTURE-CHRONIQUE©2012)

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