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SONIC SATELLITE : 5 TITRES D'OUTRE MANCHE :

Il en est de la musique comme de toutes les productions culturelles, certaines oeuvres relèvent de l’évidence … C’est le cas du dernier LP de Sonic Satellite.  5 titres qui déboulent dans votre vie comme un hydroglisseur traversant la  Manche  en se moquant bien de la tempête. 5 empreintes définitives qui n’en finiront plus de tourner sur le disque dur de votre pauvre cerveau épuisé par  les veillées interminables à chercher le vrai rock.

Au départ vous vous demandez si ces 3 là sont canadiens ou anglais . Vous  pariez sur la prude Albion même si le groupe sonne un peu Arcade Fire à certains moments. Mais bon, comme vous avez aussi repéré une nette influence des Smith, vous vous dites que Sonic Satellite ont dû biberonner dans la banlieue de Londres. Et là vous commettez votre première erreur, pour le coup c’est Hercule Poirot qui se retrouve satellisé  du côté de Venus and Mars because nos trois gaillards sont rien moins que français. Oui vous avez bien lu ! Cette musique-là est produite par un french band. Preuve qu’il ne faut désespérer de rien et que l’occupation anglaise pendant la guerre de cent ans a finalement porté ses fruits.

Sonic Satellite est tout simplement un groupe arrivé à maturité, et qui a fait son miel des influences qui l’habitent.  On ne se débarrasse pas de ses fantômes, on apprend à vivre avec, surtout quand  il s’agit de Joy Division …  et de pas mal de groupes qui firent les belles heures de la vague New Wave des années 80.   Les fondamentaux sont à ce point maîtrisés qu’on se plaît à rêver que le Quatar ait financé six ou sept titres de plus tant cet opus penche définitivement vers la mention très bien. Quand on atteint la plus grand maîtrise et qu’on aligne des morceaux d’une aussi magnifique sobriété  et bien je le dis , 5 titres c’est trop court !

Le titre I Wish est une jolie cavalcade que n’aurait pas renié Mister Smith des Cure car il est doté de cette efficacité sans afféteries qui est la marque des grands groupes.  On sent que les 3 compères se font plaisir et qu’ils composent pour jouer sur scène, ce sont des partageux, des musiciens qui ne gardent rien pour eux parce qu’ils savent que le meilleur endroit pour jouer leur musique c’est  n’importe où mais devant un public.  J’ajoute une mention spéciale pour le titre Blue étourdissant d’efficacité et le conclusif A New Joy qui résume tout à fait l’écoute jubilatoire  qu’il nous offre.

Pierre Dubost, le chanteur, écrit les textes comme  il  compose ses lignes de basse,   il  va droit au but  en concoctant des refrains  qui vous tournent  définitivement dans la tête, le genre de truc dont vous ne pouvez plus vous débarrasser. Le fameux  “Would you be my girl, would you be my friend…” que l’on trouve sur  Family ou le lancinant “How I like your company / How I like to set you free…” de Blue  ne vous laisseront plus jamais en paix.  Et c’est bien ainsi.  Notre homme est un authentique songwriter qui connaît le métier et sait jouer avec les sonorités.

Sonic Satellite a des origines rennaises qui rappellent de bons souvenirs à ceux qui vouèrent un culte   à deux groupes mythiques des années 80 : Marquis de Sade et Octobre .  A se demander si on ne roule pas à gauche dans cette bonne capitale bretonne et ce n’est pas les Sonic qui vont démentir cette hypothèse.  Le titre d’ouverture Show Me The Way vous aura asséné un coup de maillet de croquet sur la tête en guise d’avertissement, histoire de vous signaler que le groupe n’est pas venu pour faire de la figuration mais bien pour marquer un territoire musical qui n’a rien à envier aux formations britanniques. La surprise est si grande que les 5 titres ont déjà filé laissant derrière eux comme une brume hésitant entre la suburb Curienne de Coventry et les rives Smithiennes de la Tamise.  Show Me The Way n’a strictement rien à voir avec Peter Frampton mais rappelle les hussardes chevauchées des formations inspirées des eighties.   

L’inspiration du groupe ne se tarit jamais dans ce court opus mixé à Londres par Mark Rankin dont on a déjà  apprécié le talent  de triturateur de bandes audio  sur des productions qu’on ne présente plus comme Adele, Friendly Fire, Florence and the Machine ou Bloc Party. Beaucoup de groupes devraient s’inspirer de cette stratégie, enregistrer en France mais mixer à Londres, quitte à raccourcir la track list. Inutile d’enregistrer douze titres si le mix est à la rue.  Du coup, Sonic Satellite nous offre une petite bombinette qui risque de faire l’unanimité autour de vous.

ARCHIBALD PLOOM (2012)

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