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THE WOLFGANGS : SHOUT WITH THE DEVIL :

Le rock fonctionne un peu comme l’univers : la mort d’une étoile peut donner naissance à des dizaines d’autres. C’est une question d’énergie. La disparition d’un groupe de rock offre de la même façon à ses anciens membres la possibilité d’aller s’agréger à d’autres constellations. Là encore tout est affaire d’énergie et de créativité. C’est un peu ce qui est arrivé aux WOLFGANGS dont deux des musiciens, Dean Blondin et Jim Bullit opéraient  au sein des HELLSUCKERS, groupe de punk’n’roll qui commit  trois albums de belle facture avant de passer en mode super nova en 2007. HELLSUCKERS était connu pour ses prestations généreuses sur les scènes françaises et européennes.

Décembre 2008 Dean Blondin (Basse) et Jim Bullit (Batterie) s’allient avec la diabolique Cha’ Von Wolfgang chanteuse de son état et Lothar Von Wolfgang à la guitare. LES WOLFGANGS sont nés. Le groupe trouve rapidement des raisons d’éviter les trous noirs et les météores en tous genres. Pour filer la métaphore je dirais qu’à l’écoute de leur dernier album intitulé SHOUT WITH THE DEVIL, le groupe n’a rien d’une planète  paisible, il ressemblerait  plutôt à une étoile en fusion crachant des jets de plasma à travers les espaces infinis.

Le groupe propose un psychobilly - genre musical qui vit le jour dans les années 80 et qui associe punk rock et rockabilly - pour le moins efficace. Le batteur semble avoir bloqué le métronome sur des allures qui viendraient rapidement à bout d’une mécanique fragile.  Mais THE WOLFGANGS sont de l’Est de la France et font dans le robuste, un peu à la manière d’un conducteur de semi-remorque lancé à 150 en troisième file et qui aurait oublié où se trouve la pédale de frein. 13 titres à fond !  ONLY WITH YOU annonce la couleur dans un puissant galop où la guitare omniprésente nous éclabousse de ses rytmiques inspirées.  En 2. 36 tout est terminé et on embraye direct sur FAST BULLIT – titre des HELLSUCKERS – qui passe en météore comme un hommage. J’ai personnellement une inclination non dissimulée pour le titre suivant intitulé MISTERY où Cha’ Von Wolfgang pousse des cris délicieusement  troublants où se mêlent  inquiétude et sensualité  dans le cours  d’une cavalcade qui ne trouve son terme qu’au dernier coup de caisse claire.

A écouter attentivement l’album on prend rapidement conscience que THE WOLFGANGS est un groupe de scène qui connaît son affaire. Je l’ai déjà écrit ailleurs, le rock sans la scène ne vaut pas la peine d’être vécu. Le groupe domine son set avec le savoir faire de vieux briscards sûrs de leur coup. C’est le cas sur CANNIBAL FAMILY et DEVIL GIRL où la présence de Cha’ Von Wolfgang rappelle à ceux qui ne s’en seraient pas rendu compte qu’elle est une vraie chanteuse de rock qui donne à son groupe une identité qui passe aussi par sa voix. THE TRAIN arrive en gare à l’heure et repart à fond la caisse, la rythmique jouant fort bien des mécaniques d’acier sur une voie ferrée près de laquelle il ne vaut  mieux ne pas traîner de peur d’être aspiré par le convoi. BLACK SLEEVES ne lâche rien sur le rythme mais envoie des riffs sur le couplet qui pourraient laisser penser qu’Angus Young n’est pas très loin. BREAK THE ROUTINE plus sautillant est servi très frais, reste que le guitariste doit avoir mal au poignet au terme du titre car le gimmick est pour le moins joué sur un mode prestissimo. FULL MOON est un instrumental qui nous rappelle que dans WOLFGANG on sent bien une odeur de loups qui traînent dans les parages. VOODOO DANCE voit Cha’ reprendre joliment son service de chanteuse délicieusement inquiétante et superbement tatouée. FIGHT KILL LIFE file de nouveau à un train d’enfer  nonobstant un petit break qui nous laisse juste le temps d’apprécier le son cristallin  de la guitare  et où le band s’essaie pour la première fois  à des choeurs  succincts mais bien réels. J’adore la guitare de DEATH ON THE RADIO dont le gimmick vous trottera ensuite dans la tête pendant le reste de la journée. PSYCHOBILLY referme l’opus avec brio sur un refrain dont le brio démontre que le groupe s’est juré de rester efficace jusqu’à la fin.

SHOOT WITH THE DEVIL est un album généreux où les amoureux de rockabilly  verront passer avec bonheur  les fantômes de STRAY CATS, de JOHNNY CASH et de MAD SIN. Indéniablement THE WOLFGANGS - qui profite de la proximité de l’Allemagne pour se produire de l’autre côté du Rhin - se pose indéniablement comme un des goupes phares de la scène psychobilly sur les traces de formations comme METEORS, THE QUAKES ou BATMO.  

Si vous faites une petite baisse de tension, plutôt que d’aller chez votre pharmacien, faites l’acquisition de SHOOT WITH THE DEVIL, vous verrez la forme ne vous quittera plus…

ARCHIBALD PLOOM (2012)

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