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RADIOZERO : UNE ODYSSEE POP-ROCK :

Un album rock qui s’intitule “L’Odyssée” favorise la première impression. RADIOZERO n’a pas choisi ce titre par hasard puisqu’il symbolise le parcours atypique des membres fondateurs du groupe : le chanteur François Dedoubat et le bassiste Julien Passerin - que sont venus rejoindre le guitariste Laurent Grably et le batteur Dominique Rateau.  Dedoubat  et Passerin vont écumer les salles de concerts pendant une bonne décennie avant de fonder RADIOZERO. L’Odyssée s’achève avec ce premier album. Retour à Itaque donc pour ce jeune groupe composé d’éléments chevronnés auxquels est venu s’adjoindre Yan Péchin pour des guitares qualifiées par le groupe de « foudroyantes ».

« L’Odyssée »  est un album qui place RADIOZERO parmi les groupes désormais à suivre dans la constellation du rock français. 10 titres aboutis comme dix planètes à découvrir dans un système musical original et créatif. François Dedoubat est un véritable chanteur dont la tessiture donne immédiatement  l’identité vocale de l’album. On sent bien qu’il connaît son métier et qu’il a attendu longtemps avant de pouvoir graver ses qualités dans le marbre d’un CD. «  L’Odyssée » est de ce point de vue un coup gagnant. Mais pas seulement ! Musicalement le groupe  nous propose un opus totalement maîtrisé. Le premier titre éponyme démontre d’emblée qu’on n’a pas affaire à une bande de galopins boutonneux. Visiblement les membres de RADIOZERO sont d’authentiques instrumentistes qui savent arranger un titre et réaliser un album complet en prenant des options franches qu’ils respecteront de bout en bout. Par ailleurs François Dedoubat nous propose des textes affûtés entre gravité et poésie, en français de surcroît. Choix courageux que de choisir la langue de Ronsard pour habiller un album rock. Faut-il savoir écrire en vers et Dedoubat,  là aussi, démontre les qualités d’auteurs en s’attachant à éclairer des thèmes introspectifs ou sociaux sans jouer la carte du poète maudit ou opter pour un discours revendicatif, deux clichés dans lesquels sombrent nombre de jeunes groupes.

L’ambiance générale est plutôt sombre mais l’énergie de la formation  permet de transcender la mélancolie  qui aurait pu faire basculer  l’album vers la dépression. Cette énergie est d’ailleurs l’une des marques de fabrique de RADIOZERO. Je l’ai dit, le premier titre ouvre somptueusement l’album, le son  formaté  pour la bande FM possède un petit côté West Coast qui fait plaisir à entendre.  « Western » qui prend immédiatement la suite de « L’Odyssée » confirme l’option guitare de l’album, refrain et couplets sont redoutablement efficaces, le tout sur un galop agrémenté d’un son « Shadow »  à attaquer les diligences ( je sais bien les « Shadow étaient des Anglais mais le son passait largement l’Atlantique …) « L’Impossible » confirme l’offensive six cordes  et l’on se dit qu’on a déjà entendu 3 singles d’affilée ce qui ne peut manquer de souligner la qualité générale du propos. « Avril » calme un peu le tempo mais les arrangements  ne laissent cependant rien au hasard, nous plongeant  dans une contemplation sonore du meilleur aloi.  « Entre les lignes » déboule avec un gimmick de bandjo qui tourne ensuite un bon moment dans la tête. La basse ronfle joliment et les guitares  lancent des offensives définitives qui ne laissent aucune chance à l’auditeur et l’achèvent d’un larsen final.  « La Chute »  propose  un dialogue guitare-voix soutenu par une solide rythmique.  « Névrose » laisse au bassiste le temps d’un arrangement   liminaire qui ne tarde pas à annoncer le retour de guitares  inspirées sur fond de samples cinématographiques. « Animal » est à mon sens le quatrième single de l’album. Rytmique d’enfer, guitares hurlantes, texte millimitré… décidément le groupe  possède un potentiel exponentiel que le « Spleen » baudelairien  de l’avant dernier titre confirme avec un magnifique arrangement de piano que subliment des guitares omniprésentes  et terriblement évocatrices d’une introspection que n’aurait pas reniée le maître du symbolisme français.  « Vortex » s’introduit  sur une nappe synthétique doublée de guitares frippiennes  auxquelles vient se superposer un sample vocal inquiétant.

Le voyage se termine avec regret. RADIOZERO réussit avec cette « Odyssée » un coup de maître qui annonce certainement une carrière de premier plan dans les années à venir. Vraiment un très très bel album !

 

ARCHIBALD PLOOM (2012)

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