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LE VENT D'ANATOLIE de ZYRANNA ZATELI :

LE VENT D'ANATOLIE est une merveilleuse nouvelle qui nous emmène en Grèce dans un village du bout du monde où se mêlent fantômes et personnages fantasques, le bijoutier Naoum qui orne de boucles les oreilles des chats, le boucher, dépuceleur-en-chef des donzelles, qui adore effrayer les jeunes filles en pétant de manière tonitruante, la figure évanescente de Moskhoùla, morte au sanatorium, à dix-sept ans...

Mais c'est surtout l'histoire d'une amitié incroyable qui va unir une enfant et une vieille femme, condamnée par la maladie et rejetée par la communauté, car elle est "contagieuse", on lui laisse juste la nourriture sur le rebord de sa fenêtre et on s'enfuit très vite...

L'enfant est chargée de lui apporter de la bouillie, avec pour consigne de ne pas rester: TU T'EN VAS TOUT DE SUITE.

Elle découvre la femme assise, dehors sous une lampe à pétrole qui transforme le brouillard du petit matin en une poussière d'or, la magie opère, l'enfant découvre Anatolie, ses yeux étranges: "enfoncés, fendus, très humides, parfaitement sombres, ils luisaient comme un marécage, comme une boue d'un vert noir sous les rayons du soleil ou de la lune.""Ses yeux, ah, ses yeux. Cet éclat de cauchemar, et en même temps la blessure, la plus grande blessure que j'ai jamais vue dans des yeux."

Anatolie lui raconte quelques souvenirs d'enfance, sa soeur Anthoùla dont le rêve était de devenir "bonne" en ville, comme d'autres rêvent d'être reines, son départ, Anatolie cache ses larmes, son frère aux si beaux cils qu'elle a embrassé sur la bouche parce qu'elle était sûre de ne jamais le revoir.

La mort de son père par une nuit de pleine lune, où elle ne peut agir et reste émerveillée par le clair de lune qui change la nuit en jour...

Et puis le vent, ce vent qui lui fait haïr ceux qui ne l'entendent pas, le vent de la mort qui prend le visage d'un homme" presqu'invisible, à l'air triste" et qui se glisse parfois dans son lit.

A aucun moment le récit ne sombre dans le pathétique, Anatolie et l'enfant sont complices, même si, parfois la vieille dame est méchante lui  reprochant d'être comme les autres, la petite fille vole le stéthoscope d'un jeune médecin pour guérir son amie, elle reproduit la bêtise d'Anatolie qui avait coupé les cheveux de sa cousine en sacrifiant la chevelure de la vieille dame.

Puis un soir, l'enfant contemple la lune, Anatolie aussi depuis son lit, elle a simplement dit : "J'ai sommeil"..." sous la pleine lune tout était tranquille, parfaitement tranquille."

SYLVIE LAMBERT (2012)

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--   Classement Romans CULTURE CHRONIQUE 

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