GIRL’S TOY : PLAY WITH US :

Lille est une métropole qui est en vérité à égale distance de Paris et Londres et cette constatation n’est pas indifférente dès lors qu’il s’agit de production rock. GIRL’S TOY, jeune groupe lillois, nous propose un EP six titres impressionnant de maîtrise et nettement imprégné des saveurs d’Albion. La formation fortement électrisée ne laisse aucune place aux claviers, se consacrant exclusivement aux instruments à cordes :  2 guitares, une basse et une batterie composent cette section de french commando qui ne semble faire aucun complexe face aux troupes aguerries d’outre-manche. Ce court opus démontre dès le titre d’ouverture FLASHMOB une flamboyante maîtrise des codes rock avec des gimmicks accrocheurs sur fond de solides rythmiques.

 Le groupe est visiblement aguerri et on ne doute pas que ses membres ont préparé leur licence rock avec sérieux. Les influences sont nombreuses et constituent un terreau indiscutablement fécond. On retrouve aux détours des six titres les ombres tutélaires de U2, The Cure, Dépêche Mode, Jamiroquai, The Cult, Blondie et Simple Mind, excusez du peu. Mais n’allez pas croire que l’album soit un foutraque bazardeux des glorieux bands anglo-irlandais. Non, le groupe connaît simplement ses racines qu’il plonge amoureusement dans les sous-sols des îles britanniques. Ainsi TOO LATE laisse planer une évidente parenté avec le dernier METRONOMY ce qui souligne la maturité évidente dans la composition et l’arrangement. JAZZY KRUST nous invite sur une rytmique funk dans un périple syncopé où les riffs et les arpèges de guitare se succèdent, alternant puissance et inspiration. BUG prend la relève, enveloppé de guitares edgiennes. Signalons au passage la voix de Ian Greats qui domine de bout en bout le débat. La voix est généralement le point faible des groupes français mais GIRL’s TOYS dispose d’un vrai chanteur qui fournit au groupe une athentique identité vocale. Il imprime d’ailleurs sa personnalité sur l’antépénultième titre TOO LATE à la fois enjôleur sur le couplet et sauvage sur le couplet. Joli contraste qui fonctionne à plein et débouche sur un échevelé WOUOUH où les “good vibrations” passent comme un hommage aux garçons de la plage avant de conclure sur un instrumental final de la meilleure veine cultienne ou curienne, chacun choisira son camp.

Surprenant premier album qui désigne GIRL’s TOYS comme un band à la maîtrise affirmée qui ne se contente pas de jouer aux légos comme la pochette de l’album pourrait le laisser supposer.  Le mix est de haute tenue, chacune des pistes étant traitée avec un savoir-faire digne d’artisans britons… Rien à dire GIRL’s TOYS s’affirme déjà comme une valeur d’avenir sur la scène rock française. 

 

ARCHIBALD PLOOM (2012) 

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