Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
ESPERANZA SPALDING : RADIO MUSIC SOCIETY :

Que diriez-vous d’une jeune artiste de 28 ans chanteuse, contrebassiste et productrice qui de surcroît compose la plupart des titres de son dernier album RADIO MUSIC SOCIETY et se paie le luxe d’inviter lors des séances studio un personnel aussi prestigieux que Jack DeJohnette, Joe Lovano, Gretchen Parlato, Q-Tip, Jef Lee Johnson, Terri Lyne Carrington ? Sans doute que vous avez à faire à l’un des phénomènes de la musique jazz actuelle et vous auriez à ce titre totalement raison.

Esperanza Spalding a été elle-même la contebassiste d’Herbie Hancock sur les albums “How Deep Is The Ocean” et “Maiden Voyage” où elle s’est trouvée tout à fait à son aise et à son avantage. Il faut rappeler qu’en 2004 Espezanza devient la plus jeune prof de la Berklee School of Boston ce qui en dit long sur sa maîtrise des techniques du jazz. 

 

Mais la jeune femme ne se contente pas de quatre cordes à son arc. Elle dispose d’une voix somptueuse qui éclaire chaque morceau d’un éclat qui émet bien au-delà de notre galaxie. Nul doute que Mademoiselle Spalding n’a pas fini d’étonner et de ravir un public qui ne cessera de s’élargir dans les années à venir. 

RADIO MUSIC SOCIETY est un album lumineux qui porte la grâce et la maîtrise à des niveaux rarement atteints pour une artiste si jeune. Arrangements à couper le souffle, rytmiques classieuses évitant les clichés, instruments à vent omniprésents apportant toutes les couleurs nécessaires à l’habit de lumière qu’élabore Esperanza devant nos yeux éblouis, présence intermittente des synthétiseurs qui surgissent comme des aliens avant de disparaître laissant derrière eux la trace d’une inspiration, fruit d’une intelligence supérieure. Plusieurs titres son marqués par l’influence de Wayne Shorter dont Esperanza est l’une des grandes adoratrices au point qu’il arrive que l’on se prenne à rêver de Weather Report au détour de certains titres.

La track list ne compte que 12 titres dont 2 reprises : le célèbre I CAN’T HELP IT que Stevie Wonder composa pour Michael Jackson qui écrivit les paroles et ENDANGERED SPECIES de Wayne Shorter. Parmi les compositions originales d’Esperanza Spalding, je vous conseille VAGUE SUSPICIONS qui laisse filtrer une incroyable nostalgie. A noter sur ce titre un arrangement de flûte traversière tout à fait sublime. LAND OF THE FREE et son orgue Hammond qui se marie merveilleusement avec la voix d’Espéranza pour un voyage de deux minutes un peu trop court à mon goût. Le titre d’ouverture RADIO SONG nous offre d’emblée un arrangement vocal de très haut niveau délicieusement acidulé. HOLD ON ME nous rappelle que les instruments à vent et le piano peuvent donner à une voix féminine toute la lumière dont elle a besoin pour briller. CROWNED & KISSED nous propose sur un fond de section à vent un joli échange entre la chanteuse et les choeurs. BLACK GOLD débute par un arrangement de synthétiseur digne d’un vieux film de science fiction des années soixante mais l’on est immédiatement happé par les échanges vocaux entre Esperanza et Algebra Blessett sur une rytmique où la guitare et les cuivres s’offrent un joli duel harmonique. LET HER met immédiatement la voix au premier plan et l’on s’imagine traversant une ville la nuit dans une berline aux fauteuils de cuir pendant une belle nuit d’été et l’on voudrait que cette escapade dure toujours. CINNAMON TREE nous plonge immédiatement dans une rêverie encouragée par les arrangements de cordes et de cuivre auxquels vient se mêler une guitare saturée qui se marie délicieusement aux effets vocaux.   CITY OF ROSES fleure bon le Fender Rhodes, la voix d’Esperanza slalome avec grâce entre des cuivres omniprésents et parfumés à l’essence de rose. SMILE LIKE THAT, titre sur lequel je me suis demandé si le fantôme de Joe Zavinul n’était pas venu faire une pige, clôt cet extraordinaire moment de Jazz et exige que nous activions immédiatement la fonction “repeat” de notre lecteur CD …

 

ARCHIBALD PLOOM (2012) 

 -                                                                                               -

  LES CHRONIQUES MUSICALES CULTURE CHRONIQUE

-   LE FACEBOOK D'ARCHIBALD PLOOM

 

 

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :