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MISS WHITE & THE DRUNKEN PIANO : SAMESAME :

 Voilà un trio qui ne manque pas de talent ! MISS WHITE & THE DRUNKEN PIANO nous propose un album de 12 titres où chaque morceau est une surprise d’inventivité musicale et de bonheur jubilatoire à l’écoute.  La formation grenobloise est composée de Marieke Huysmans, pianiste et chanteuse au timbre jazzy associée au bassiste-saxophoniste Martin Larat-Lini et à un beatboxer David Laurent.  Les trois acolytes abordent leurs compositions en découvreurs laissant leurs préjugés sur le bord de la route, chaque titre devenant un  précipité  jubilatoire  qui laisse l’auditeur songeur face à tant de trouvailles musicales.

Le groupe est d’abord une formation scénique  qui travaille  ses compositions « en chemin »  se laissant imprégner par les ambiances successives  qu’il rencontre « on the road ».  Cette dimension  kérouakienne de MISS WHITE donne au groupe  une profondeur existentielle tout à fait remarquable sur scène. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si Jacques Higelin  s’est fendu d’un duo avec « Madame Blanche ».  Les trois acolytes  procèdent par introspections successives laissant  à chacun  le choix des armes  car  les membres de la formation sont musicalement polyvalents ce qui offre  des perspectives créatives tout à fait exceptionnelles, chacun ne se privant pas d’explorer des espaces sonores et harmoniques nouveaux.

Le premier titre Six Hands 3 Heads introduit l’album sur un mode minimaliste et pianistique  abolissant  la ligne mélodique dans une scansion  vocalique. Mais Break Breath, au piano introductif profond,  développe  un couplet efficace  où se mêlent influence jazzy et Hip Hop.  Equilibre qui pourrait paraître difficile à d’autres mais le groupe  funambule  passe le précipice avec la grâce d’un ange.  Bitter Better souligne la maîtrise vocale du band et son goût de l’arrangement classieux à base de piano et d’orgue, le tout  nappé d’un refrain d’une efficacité plaisante  qui en fera chanter plus d’un dans sa voiture.  Her Hair  profondément nostalgique se drape d’une légère  rythmique et d’un piano définitivement jazz  mais la voix cherche à forcer des chemins de traverse  évitant de sombrer dans les clichés du genre. Same Same aux gimmicks entêtants est un titre formidablement  réussi déployant  un arrangement  plein d’intelligence auquel vient s’adjoindre  un cuivre  qui traverse  le morceau de bout en bout  avec une esthétique obstination.  Holidews Holidays nous rappelle que le groupe travaille les textes sur le fond et la forme, puissance d’évocation et  attention portée au rythme des scansions. Notons la présence sur ce titre d’un arrangement d’orgue qui donne envie d’y revenir aussitôt. Sail Sale à l’interprétation vocale parfaite semble presque sorti d’une comédie  musicale  où les pianos traverseraient la scène à la voile.  Heîa Helwa  semble réveiller sur l’introduction  des fantômes des années 50, le saxophone nous accompagne  dans une promenade automnale  qui  annonce un voyage dans le temps initié par le titre suivant Back Bach  où le clavecin  accompagne fort joliment  un texte presque rappé, l’anachronisme fonctionne à plein et nous entraîne dans une cavalcade, le clavecin refermant cette parenthèse ébouriffante. River Rover nous laisse face à l’océan prisonnier de la voix  de Marieke qui nous livre bientôt  à l’envoutant Ophelia Opera magnifique exercice vocal qui transforme l’Ophelie de Shakespeare  en diva d’Opéra. Le titre tournera longtemps  comme un manège déréglé dans la tête de celui qui aura l’imprudence de  l’écouter seulement une fois. Ainsi en va-t-il des sortilèges musicaux.  Tall Tail est un magnifique final où la Dame Blanche fait ses adieux sur une composition merveilleusement équilibrée entre  la voix magnifique de Marieke et des arrangements musicaux inspirés.

Samesame est un album  abouti  qui ajoutera au tour de chant de MISS WHITE douze titres qui sont autant  de bijoux harmoniques.  Pour les mélomanes  à la recherche  d’albums inventifs et maîtisés Samesame  est sans doute ce qu’on peut trouver de mieux dans le genre.

ARCHIBALD PLOOM (2012) 

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