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SEANCE 68 : JARDIN ZEN OU PAS .... :

J’ai suivi les conseils de ma psy.

Je prends du temps pour moi.

De ce temps qui file entre les doigts quand on ne sait comment le retenir.

Au programme, promenade  dans le parc du château de Courances pas très loin de Fontainebleau.

Objectif arrêt au salon  de thé  juste en face du petit jardin Zen.

Il faisait beau , j’ai commandé en terrasse un thé servi dans des tasses à l’anglaise rien de très Japonais dans ce rituel.

J’ai pris une part de tarte au citron qui sortait tout droit des usines Picard, débordante de meringue collante et saturée de sucre.

Et je n’ai rien fait !

Rien d’autre que de boire mon thé en regardant le paysage tranquille et reposant qui s’offrait à moi.

Ce lieu verdoyant baigné de rayons de soleil est une incitation au repos.

Le jardin est grand comme un mouchoir de poche.

Il tient dans un regard sans le moindre effort.

J’aime les jardins.
Surtout celui de ma chère amie avec son côté désuet que j’adore.

Pas de salon de jardin tapageur, pas de détestable haie de troènes Juste de petits tapis de fleurs, des arbustes disparates, des plantes grimpantes odorantes, quelques arbres à l’ombre desquels nous pouvons papoter assises dans l’herbe.

Un jardin planté de calme et simplicité.

Son jardin est comme une bibliothèque très personnelle qui ne connaît que l’ordre de son propriétaire, il respire la vie avec ses forces et ses fragilités.

Il lui ressemble discret et riche.

Contempler un jardin fait surgir une multitude de sensations et de souvenirs.

Je me suis dit que nous  reviendrons prendre un thé entre filles face au jardin zen, enveloppées de sérénité car en bavardant il est impossible de goûter de la même façon le paysage, il est là il accompagne mais il lui faut le silence pour qu’il parle.

J’ai  fait le tour du château, parcouru les allées, croisé des amoureux, des familles, poursuivi mes pensées et mon chemin en marchant d’un bon pas, je ne sais pas marcher lentement.

Mes ballerines neuves  n’étaient pas adaptées au terrain et j’ai eu vite mal aux pieds.

Sentir ses pieds douloureux  empêche de lâcher prise.

Alors je me suis mise pieds nus.

Et j’ai pris racine au milieu d’un carré d’herbes.

Le vernis rouge sur mes orteils tranchait avec le vert du gazon. Je  les voyais comme dix petites coccinelles alignées pour le départ de la course.

Il y a avait le bleu du ciel, le vert du parc, le rouge de mes orteils … et un papillon jaune s’est posé sur mon corsage.

Je sentais que je faisais partie du paysage  je n’avais aucune raison de bouger alors je me suis assise et j’ai laissé filer le temps.

ALICIA RAHO (2012)

Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

-                                                                                                                                                     

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