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LA GUERRE DE SECESSION de JOHN KEEGAN :

Le public français n’a pas d’ouvrages de référence sur la Guerre de Sécession. Avec la parution du livre de Sir John Keegan, immortel auteur de The Face of Battle, c’est chose faite. Loin des lieux communs auxquels nous réduisons cet évènement majeur, colportés par les romans et les films, Keegan s’attache à nous en restituer les enjeux. « La première Guerre mondiale fut cruelle et inutile…. La guerre de Sécession… fut également cruelle… mais elle ne fut pas inutile » : l’Amérique moderne est née de ce conflit sauvage et sanglant. John Keegan le démontre : cette guerre était à la fois évitable et inévitable, logique et incompréhensible, car si deux types de sociétés s’affrontent, c’est une même nation, des hommes qui se ressemblent, qui vont mourir et souffrir. Les Etats Unis ne sont pas préparés à ce conflit : pas de corps d’officiers vraiment formés, pas de cartes, une connaissance insuffisante du territoire, des armées non préparées et composées au départ de milices recrutées dans l’urgence. Mais ces bandes vont se structurer peu à peu en armées de masse, commandées par des hommes remarquables, Grant, Scott, Lee, Farragut, Sherman… 2 800 000 combattants, 628 000 morts et des centaines de milliers de blessés et de disparus, la Guerre de Sécession est la plus meurtrière de l’histoire des Etats-Unis avec des pertes supérieures à celles des deux guerres mondiales additionnées de celle de la Corée et du Vietnam. Préfiguration des conflits du XXe siècle, la Guerre de Sécession sera la première qui verra le transport des troupes par le chemin de fer, la première bataille de navires cuirassés, l'usage généralisé des tranchées, l’utilisation des armes à répétition et du télégraphe, l'introduction des sous-marins. L'horreur absurde et insoutenable des batailles/boucheries de Shiloh ou de Gettysburg préfigure celles de Verdun et de la Somme. John Keegan propose une vision claire des bouleversements économiques, culturels et psychologiques du peuple américain en les mettant toujours en relation avec les évènements militaires qui rythment les cinq années de cette guerre. Il insiste particulièrement sur le passage de l'ère napoléonienne, centrée sur la "bataille décisive", à la "guerre totale", qui engage toutes les forces d'une nation et s'articule en opérations complexes où aucune bataille ne peut plus décider à elle seule.

STÉPHANE DUBREIL (2012)

 - Le classement Romans CULTURE CHRONIQUE 

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