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ENTRETIEN AVEC LE GROUPE SIDE BY SIDE :

Jet Sound : Side by Side, c’est un nom qui est venu d’évidence ? Quel sens lui donnez-vous ?  

Side by Side : Nous avons du mal à dissocier la musique de la notion de partage. Créer, jouer à plusieurs, c’est mettre en commun des émotions, quitte à se fragiliser. Pour cela il est indispensable d’être en confiance, de se soutenir. Qui plus est Side by side, qui signifie "côte à côte", indique que nous regardons dans la même direction, c’est très différent de "face à face". Enfin, ça nous met sur un pied d’égalité.
 
Jet Sound : Votre histoire à tous les deux est un peu particulière. Racontez-nous comment s’est passé votre rencontre. 
 
Charlotte : L’ère d’Internet a fortement élargi le champ des possibles en termes de rencontres et de collaborations musicales. Nous sommes tous deux investis dans la musique vivante, Fred dans le jazz et la bossa, moi dans la chanson française, mais aussi sur des sites qui nous ont permis de rencontrer des partenaires et de partager notre passion, et c’est par ce biais-là que nous nous sommes rencontrés. Lorsque nous avons commencé à collaborer ensemble, nous avons abordé différents styles, dont le folk-rock qui est un peu nos racines musicales. En effet, Neil Young (entre autres) pour Fred, Paul Simon ou Rickie Lee Jones pour moi ont fortement marqué nos adolescences respectives. C’est donc tout naturellement que nous nous sommes retrouvés sur ce terrain.
 
Fred : Ca ne s’est pas du tout passé comme Charlotte le dit. J’ai rencontré Charlotte à la piscine d’un motel à Tyler, dans le comté de Smith au Texas. Ma Buick venait de tomber en panne et j’attendais que le mécano du coin la répare. Je grattais ma guitare au bord de la piscine. Charlotte s’est approchée de moi en nageant et m’a dit : « tu veux bien monter un groupe avec moi ? ». J’ai dit ok, mais quand ma bagnole sera réparée. Et c’est ce qu’on a fait.
 
Jet Sound : De quelle manière travaillez-vous ? Qui fait quoi au sein de Side by Side ? Comment vous répartissez-vous les différentes étapes de la conception d’un titre ?
 
Charlotte : Nous n’avons jamais vraiment réparti les rôles mais en général, Fred construit une structure harmonique et rythmique qu’il m’envoie. Parfois il glisse un thème, voire une ébauche. J’écris un texte et une mélodie, l’enregistre et renvoie le tout à Fred (toujours via Internet). Certaines chansons ont été finalisées en quelques jours, d’autres (comme Lawa River) ont demandé plus de réflexion. Une fois les pistes posées, finalisées, Fred s’occupe du mixage.
 
Fred : Ce n’est pas tout-à-fait ça quand même. En fait, je n’existe pas vraiment. Je suis un guitariste virtuel, un logiciel de simulation de guitares. On peut me télécharger sur Internet ou m’acheter dans les boutiques spécialisées. Si on écoute bien nos morceaux, on entend bien que les guitares ne sont pas tout-à-fait naturelles.
 
Charlotte : Euh, on est sensés vendre notre came, c’est vachement anti-marketing ce que tu dis là, je te rappelle qu’on a vendu nos dernières chemises pour monter ce projet !
 
Jet Sound : Vous chantez en anglais. Ce choix est-il définitif ? Qu’est-ce qui le motive ?
 
Charlotte : Cet album est un hommage à nos 15 ans, à nos rêves d’ados, à ces musiques qui nous ont donné envie de faire de la musique. Lorsque nous avons imaginé qu’on pourrait faire un album, nous avions déjà 4 ou 5 chansons dans cette veine et avons décidé de la creuser. Mais ça n’a rien de définitif, nos goûts et influences sont bien plus larges et nous n’avons jamais exclu la possibilité de créer des chansons en français (il en existe d’ailleurs quelques unes), l’un n’empêche pas l’autre. Nos influences musicales sont multiculturelles, nous avons grandi dans un monde mixte ! Pour le moment, ce projet est en anglais, nous verrons bien où il nous mène...
 
Fred : Pareil, same as Charlotte said.
 
Jet Sound : De plus en plus de groupes et d’artistes nationaux chantent en anglais. Comment jugez-vous cette évolution ?
 
Charlotte : Comme évoqué plus haut, le monde musical dans lequel nous avons grandi est fortement influencé par les anglo-saxons, qui plus est, l’anglais est une langue internationale qui permet de passer les frontières. Nous ne mettons pas en opposition chanson française et anglaise, c’est de la musique et des mots tout ça, peu importe la langue tant que ça nous emporte et là l’anglais nous semblait cohérent. Notre première collaboration d’ailleurs, était dans une langue inventée, sur des sons à sonorité africanisante, on y a expérimenté que même quand les mots n’ont pas de sens, on peut s’exprimer et faire passer de l’émotion.
 
Fred : Je pense que si on faisait de l’opéra on chanterait en italien. On fait de la musique folk-rock/americana. Chanter en anglais, ça se tient...
 
Jet Sound : Comment considérez-vous ce premier album ? A-t-il fait évoluer votre collaboration ?
 
Charlotte : C’est une jolie surprise cet album. Il nous a permis de concrétiser une belle entente musicale dans une ambiance ludique et légère. Je crois que nous évoluons comme des funambules, veillant à l’équilibre. Nous nous sommes rencontrés à un moment où nous avions chacun atteint un stade de maturité artistique. Nous sommes très complémentaires et pleinement conscients de nos rôles respectifs.
 
Fred : Cet album, il s’est imposé naturellement à nous, quand on s’est rendu compte que la musique qu’on faisait pour nous, au départ, intéressait les copains, la famille et même des inconnus sur Internet. Cet album est la concrétisation d’une année de travail avec Side by Side. Mais nous avons déjà une bonne moitié du second album qui est prête.
 
Jet Sound : Certains titres ont-ils évolué durant les phases d’enregistrement ou avez tenu une ligne que vous vous étiez fixée dès le départ ?
 
Charlotte : Nous ne nous sommes pas vraiment fixé de ligne en fait, aucune méthodologie non plus. Chacun savait ce qu’il avait à faire et nous ne sommes pas du genre à établir des plans marketing ou des stratégies. Tout a commencé comme un jeu. A posteriori, on peut dire que Fred visualisait les étapes, il a cru très tôt dans ce projet. Plus adepte du "au jour le jour", je me suis prise au jeu mais personne ne s’est jamais vraiment pris au sérieux. La seule ligne de conduite a été de rester au service de notre musique.
 
Fred : Le premier morceau du répertoire de Side by Side que nous avons écrit est « castle of sand ». Je me rappelle très bien avoir écrit la musique un dimanche matin, l’avoir enregistré et envoyé à Charlotte le soir. Le surlendemain, Charlotte me renvoyait ses voix. Immédiatement, je me suis dit : là on tient un univers, on est dans notre monde. Ensuite, nous avons enchaîné les compositions en nous laissant juste guider par nos goûts musicaux.
 
Jet Sound : Votre approche sonore est assez roots. Etait-ce là aussi un choix ou avez-vous hésité sur les options d’enregistrement ?
 
Charlotte : Euh, là, Fred, je te laisse répondre !
 
Fred : Ok, ok. Le son « roots » est recherché et assumé. Nous souhaitions une couleur d’album qui sonne live, avec des vrais solos dans les morceaux. La batterie par exemple est mixée assez devant, un peu comme si on écoutait un groupe dans un club. Mais le côté « roots » n’empêche pas de travailler les sons, les ambiances, et de faire les choses avec précision.
 
Jet Sound : Quelles sont vos influences musicales ? Qu’écoutez-vous dans votre voiture ? Y a-t-il des artistes qui vous touchent particulièrement en ce moment ?
 
Charlotte : Oulah, très diverses ! J’ai baigné dans un univers familial vocalement polyphonique où la musique classique dominait, même si on trouvait aussi des disques de Brassens ou de Brel. J’ai fait du violon au conservatoire avant de découvrir les cours de guitare à la MJC puis bifurqué vers Simon and Garfunkel, Higelin, les Beatles, Peter Gabriel, Pink Floyd ou Joe Jackson et enfin vers les musiques africaines, latines... quant à la liste de ce que je peux écouter aujourd’hui, elle va de Charlie Parker à –M- en passant pas des groupes de reggae roots, Queen ou le requiem de Mozart.
 
Fred : J’ai commencé la guitare à 14 ans. On était encore dans les années Flower Power. Et j’ai commencé tout naturellement à repiquer des artistes folk. A 15 ans, j’ai acheté l’album « everyboby knows this is nowhere » de Neil Young, et là... le choc. A 16 ans j’ai découvert la Bossa Nova et la musique brésilienne au travers de Baden Powell et Joaõ Gilberto. A 20 ans, je suis tombé tout entier dans le jazz, Miles Davis, Chet Baker, Jimmy Raney, Wes Montgomery. Il y a quelques années, j’ai eu besoin de revenir vers une musique plus acoustique et plus « simple » que le jazz, un retour vers mes débuts à la guitare en somme.
 
Jet Sound : Que représente la scène pour votre groupe ? Comment envisagez-vous l’avenir de ce point de vue ?
 
Charlotte : La musique, c’est sur scène qu’elle doit vivre avant tout et nous sommes très impatients de pouvoir faire tourner ce répertoire. Nous sommes tous deux actifs dans la musique vivante, la scène est donc un objectif majeur de ce projet !
 
Fred : les scènes qui arrivent sont un grand bonheur. Nous sommes un line up de 4 musiciens pour accompagner Charlotte. Quatre frères de sang, tous improvisateurs et musiciens de jazz. Ca va groover grave.
 
Jet Sound : Quels sont vos prochains objectifs après la sortie de cet album ?
 
Charlotte : Si nous voulons développer ce projet, nous avons besoin de partenaires, c’est évident. Grâce à Jet Sound, nous avons la possibilité de franchir une première étape. Déjà, pouvoir défendre cet album en faisant tourner nos morceaux en live, alors qu’ils ont été finalement créés à 500 km de distance et que nous nous sommes physiquement rencontrés au bout de plus de 6 mois et une bonne dizaine de morceaux, ça représente un truc assez phénoménal, alors on savoure cette jolie aventure. Après, franchement... si on peut faire le 2ème album dans des conditions plus normales sans avoir à jouer tous les rôles à la fois, on sera pleinement satisfaits !
 
Fred : D’abord faire connaitre notre musique et la partager sur scène. Ensuite refaire un petit tour du côté de la piscine du motel à Tyler. Sans rire, des dates de concert aux States, ce serait le rêve.
 
Charlotte : Ouais, Fred est un doux rêveur...
 
 
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