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ENTRETIEN AVEC LE PEINTRE DOMINIQUE RAYNAL :

Dominique RAYNAL  est un peintre  généreux qui depuis des années  progresse dans une recherche artistique exigeante qui le pousse constamment à renouveler son approche artistique.  Sans doute pourrait-on lui appliquer le mot  de Picasso : “Je ne cherche pas, je trouve !”. Jouant d’influences multiples son travail pictural offre différents niveaux de lectures jusqu’à rejoindre l’insondable de notre inconscient. Son refus de s’inscrire  dans une approche mercantiliste qui verrait ses œuvres devenir inabordables en fait un artiste atypique  franchement anarchiste qui préfère voir ses toiles circuler plutôt  que de dormir  à l’intérieur d’un coffre fort.  Homme attachant et peintre des profondeurs Dominique RAYNAL  méritait  que CULTURE CHRONIQUE vous fasse découvrir son travail.

Bertrand JULLIEN : Dominique Raynal comment  définiriez-vous votre approche picturale ?

Dominique RAYNAL : Je ne la définis pas, je me laisse guider par mes intuitions ; le temps fait son travail également et surtout, je ne m’interdis absolument rien : tout est possible…

Bertrand JULLIEN : Les spécialistes vous placent selon les cas dans les catégories de l’Art brut, de l’Abstraction symbolique ou encore de l’Art abstrait. Mais vous où vous positionnez-vous ? 

Dominique RAYNAL : Nulle part, mais pas n’importe où ! Les catégories ne m’intéressent pas, car elles n’apportent rien, bien au contraire, elles ne font que diminuer voire annihiler la création. Ma peinture quant à elle, reste instinctive et intuitive.

Bertrand JULLIEN : Vous avez choisi de travailler  principalement à partir de peinture acrylique.  Ce type de choix n’est jamais anodin.

Dominique RAYNAL : Ce choix de l’Acrylique est essentiellement dû à des raisons techniques (séchage rapide, nettoyage à l’eau plus écologique que les solvants) et une raison économique : le coût (la moins chère du marché).

Mais j’utilise également l’encre de chine dans mes dernières créations.

Bertrand JULLIEN : Vos tableaux sont assez mystérieux  mais  on a le sentiment en les observant que vous avez pris un malin plaisir à les coder. 

Dominique RAYNAL : C’est tout à fait vrai !  Je m’exprime beaucoup avec des symboles ethniques issus de diverses cultures (africaine, amérindienne, égyptienne, latine et tribale) pour la partie visible de mes œuvres. Mais pour les autres parties, celles qui  sont dissimulées, moins accessibles, leur symbolique restera mienne….

Bertrand JULLIEN : Certaines de vos œuvres récentes portent la mention NFFNSNC. Quelle est la signification  de cette série de lettres et pourquoi la répéter à travers des dizaines de tableaux ? 

Dominique RAYNAL : L’épitaphe latine NFFNSNC  « NON FUI, FUI, NON SUM, NON CURO », signifie « JE N’EXISTAIS PAS, J’AI EXISTE, JE N’EXISTE PLUS, MAIS CELA N’A AUCUNE IMPORTANCE ». Cette épitaphe est le symbole, le témoignage de notre  bref passage sur terre.

C’est ma deuxième signature et  elle sera mienne pour l’éternité…

Bertrand JULLIEN : Si vos œuvres  sont parfois autant de Sphinx à contempler, il reste que l’on perçoit bien l’ambivalence  vie /mort  qui les traverse ...

Dominique RAYNAL : A partir d’un certain âge, certaines questions n’ont plus d’importance, seules les réponses qu’on a pu trouver, comptent. 

Bertrand JULLIEN : Il y a quelques années  vos œuvres étaient beaucoup plus colorées, assez proches de ce que pouvait peindre Basquiat mais depuis un certain temps on note une nette orientation vers un chromatisme plus unitaire.  Vous tranchez moins dans les teintes  au profit de choix plus homogènes de jaunes, de bruns,  de mordorés, de rouges et de noirs qui  vous orientent vers d’autres perspectives picturales.

 Dominique RAYNAL : Ces questions ne se posent pas à moi car ce n’est pas moi qui décide de changer de couleurs, de teintes, de styles…. Je n’exprime que  mes angoisses, mes états d’âme, mes sentiments du moment. Pour moi, il n’y a pas de changement dans ma peinture car c’est moi qui évolue et non elle !

Elle « évolue » donc à travers moi…

Bertrand JULLIEN : On note  dans certaines de vos œuvres, en particulier vos sculptures ainsi que les détournements d’objets  que vous pouvez commettre une influence  surréaliste certaine.  Max Ernst, Dali …

Dominique RAYNAL : Mes assemblages sont plutôt influencés par la période DADA, un mouvement artistique du début du 20ème siècle qui combattait l’académisme de l’art. C’est une période très riche en matière de créativité et de liberté totale face « au politiquement correct » de l’époque.

Mais dans ce domaine de l’assemblage d’objets, je ne fais qu’expérimenter.

Bertrand JULLIEN : Quels sont les peintres qui ont le plus influencé votre travail ?

Dominique RAYNAL : Les peintres qui m’émeuvent sont Tapies, Tim Leura, Marcel Duchamp, Miro…. 

Bertrand JULLIEN : J’ai le sentiment que vous travaillez inlassablement.  Lors d’une visite que je vous avais rendue, j’avais été étonné par  le nombre de vos productions ! Travaillez-vous simultanément plusieurs œuvres ou avez-vous besoin de terminer chacune d’elles avant de commencer la suivante ?

Dominique RAYNAL : A mes débuts, il m’est arrivé de peindre simultanément plusieurs toiles. Mais maintenant je prends mon temps pour chacune d’elles. J’ai toujours un temps d’analyse avant de commencer une toile et également, après l’avoir terminée.

Bertrand JULLIEN : Certaines de vos toiles ont parfois reçu des adjonctions comme par exemple des barrettes de puces informatiques…

Dominique RAYNAL : Cela reste purement expérimental, mais j’aime le monde industriel et les matériaux qu’on y trouve. Ils sont parfois des œuvres d’art à eux seuls. Il suffit de contempler les compressions de César pour s’en convaincre. 

Bertrand JULLIEN : Il m’a semblé voir dans certains de vos tableaux  l’influence de l’art aborigène australien ? 

Dominique RAYNAL : C’est certainement les plus belles peintures qu'il m'ait été donné de contempler, les plus mystérieuses que leurs créateurs sont les seuls capables de décoder puisqu’ils y présentent leur vie à travers des symboles.

Nous avons ceci en commun : l’utilisation de symboles codifiés pour nous exprimer.

Tim Leura est un de mes peintres préférés. Je vous conseille d’admirer sa peinture « Rêve de l’esprit de la mort à Napperby » pour être captivé voire absorbé par la toile.

Bertrand JULLIEN : Comment se déroule une journée de Dominique Raynal ?

Dominique RAYNAL : Tranquillement….

Bertrand JULLIEN : Quelle est votre analyse du marché de l’art moderne ?

Dominique RAYNAL : Le marché de l’art moderne reste mercantile et élitiste. Il rend l’art « chiant » et incompréhensible pour les simples, les petites gens, les gens du peuple c’est-à-dire nous tous…ce n’est pas ma vision de l’Art et ce n’est malheureusement pas la manière qui pourra le rendre accessible au plus grand nombre. « L’art pour tous » ou plus communément « la vulgarisation de l’art », ce n’est pas pour demain !

Bertrand JULLIEN : Pour votre part vous avez choisi de vous inscrire dans ce marché d’une manière assez originale puisque vous avez fait le choix de rendre vos œuvres accessibles à tous en les proposant à des prix tout à fait raisonnables.  Comment en êtes-vous venu à vous positionner de la sorte ?

Dominique RAYNAL : Avant d’être peintre, j’étais un simple admirateur de Peinture et à chaque fois que je demandais un prix à un galeriste ou à un marchand, il aurait fallu que je demande une hypothèque sur ma maison ou que je m’arrache un bras (c’est une image) pour l’acheter… C’est si frustrant et tellement méprisant de faire comprendre à l’autre que cela n’est pas pour lui ! Il ne mérite pas l’art…

Désormais en tant qu’artiste-peintre, je considère que l’art appartient à tous et qu’il est pour tous.

J’estime que l’Art n’a pas de prix mais comme il faut bien mettre un prix sur une œuvre : j’en mets un mais, le plus bas possible !

Bertrand JULLIEN : Qu’espérez-vous de vos prochaines années de création.  

Dominique RAYNAL : Qu’elles me permettent de me découvrir plus encore …

© Culture-Chronique 2012

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