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LE JIMI HENDRIX EXPERIENCE A MONTEREY :

  Une expérience vécue en juin 1967 dans une petite ville au sud de San Francisco ; Lou Adler, organisateur du septième festival de Monterey, avait réussi à réunir les plus grands groupes mondiaux : Mamas & Papas, Janis Joplin, les Who, le Jefferson Airplane, Country Joe and the Fish, Otis Redding, Eric Burdon, Simon & Garfunkel, l’Electric Flag, Ravi Shankar, le Buffalo Springfield et un groupe dénommé le Jimi Hendrix Experience venu de Londres, un noir entouré de deux jeunes anglais blancs… Jimi Hendrix ? Oui. Un violent raz de marée allait balayer les couloirs obscurs de la raison. Tu sais, ça, oui un homme, un vaudou plutôt, allait repousser au-delà de l’infini les limites de l’électricité jusqu’à faire mourir une guitare par le feu faute d’avoir tout donné. Quelles raisons restaient à cette putain de Stratocaster de survivre à cet enfant vaudou ? Un des plus grands musiciens du siècle, peut être même la figure la plus fascinante de l’histoire de la musique ; certainement un pote de seringue de Wolfgang s’ils avaient vécu à la même époque…

 Oh ! C’est quoi ces gouttes d’eau qui tombent sur la feuille ? Mais tu pleures ! Reviens, reviens ! Je t’en prie. Ne te renferme pas pour toujours. Voyage s’il te plait… Je suis foudroyé par cette mort, par ce vomi… Certainement quelque chose s’est arrêté ce jour-là, plutôt cette nuit de merde du 17 au 18 septembre 19700000000 et plus s’il faut… Je vais oublier. Excuse-moi !!!!! Alors ils sont arrivés, ces gens bizarres d’ailleurs, de San Francisco, de Berkeley, de Los Angeles, de Santa Barbara, du monde entier, en moto, en voiture, certains à pied. Et oui ! Regarde sur la scène. C’est bien Brian Jones, une pierre qui roule et une seule, jusqu’au devant du public. Dans le back stage, Pete Townsend fulmine, il doit jouer avec son groupe après Hendrix, il le connait bien et c’est la mort de jouer après ce mec… On entend Brian dire : « And now the Jimi Hendrix Experience… » Maintenant on a le choix. On suit ça sur l’enregistrement audio ou sur le film tourné dans l’intimité. Dans le film, il y a un truc vraiment dingue au départ ; on voit un type délirant qui balance des kilos de peinture sur un mur. Il a l’air complètement halluciné, stone quoi ! Tu lui filerais 100 balles pour bouffer et miracle, surgit le portrait le plus saisissant de Jimi. Bravo l’artiste !

 
 Jimi porte un jean rouge sang, des boots de cuir noir, une chemise à volants jaune d’or, une veste militaire et des colliers d’argent. Mitch Mitchell (drums ) et Noël Redding (bass) s’installent. Les premiers accords pour s’assembler fusent. On sent que l’on va pénétrer dans un autre univers, les entrailles primordiales, celles de ce grand Jimi : « Killing Floor », Foxy Lady », « Rock Me Baby », « Hey Joe », « Can You See Me », « The Wind Cries Mary », « Purple Haze », Wild Thing »… Oui, tous ces morceaux sont identifiés par ce public extatique. « Mais pourquoi cette Amérique m’a-t-elle boudée ? » pense Jimi lorsque les vapeurs de l’alcool à brûler lui remonte au nez. Cette immolation après l’hymne de la bannière étoilée va maintenant exorciser ce malentendu ; le public l’exige. C’est sûr !!!
 
 Mais toi, public qui me nourrit trop tard, je vais mourir, mourir de toute cette incompréhension, tout ce décalage, j’ai un rêve disait le pasteur… Ce soir-là tous les tempos sont d’acier. Des instants de délire succèdent aux moments de grâce. Jimi joue juste, il est déjà en fusion avec son instrument. Crache ! Eructe Jimi ! L’épée est sortie ; la mise a mort est proche. La guitare brûle, agonise la mort. Une soudaine délivrance viendra, se fracassant contre cette montagne d’amplis, derniers râles d’électricité, Jimi est déjà parti !!! La légende est née…

 Once upon a time you dressed so fine!

 You throw the bum a dime in your prime.

  Did’nt you.
 
  Le « Like a Rolling Stone » de Dylan, un des plus beaux morceaux de l’histoire de la pop music, sera ce soir-là immortalisé dans une de sa plus belle version. Jimi, qui affectionne particulièrement Bob, en donnera une adaptation avec un feeling très blues, très différent de l’original. Combien de fois a-t-il joué sur sa guitare dans son petit appartement de Harlem sa passion pour Dylan ? On dit même qu’un jour il aurait dépensé ses derniers cents pour acheter « Freewheelin » alors qu’il crevait de faim…  
 

J-E DEURAIN (2010)

 

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