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SEANCE 71 : L'ETE :

L’été tout tourne au ralenti, surtout moi.

Ma psy s’offre un mois de vacances.

Cela tombe plutôt bien j’ai opté cette année pour 4 semaines de villégiature.

Mais comme elle est juilletiste et moi aoûtienne la séparation va durer 2 mois !

C’est une vraie coupure du cordon.

Pendant cette période je m’autorise une introspection avec auto-analyse et rédaction d’un journal intime pour noter  mes angoisses, mes questionnements, 

Le journal intime présente un avantage, quand on le referme tout reste consigné à l’intérieur, les mouvements du passé restent pris au piège entre les pages, ce qui évite aux pensées désagréables de hanter mon esprit et d’interrompre mon précieux sommeil.

C’est une solution confortable.

Il faut dire que je ne me relis jamais.

C’est contre nature.

Par peur de modifier le cours des choses.

 

 Je jette les mots sur la feuille comme on va à confesse mais il est vrai que je ne suis jamais allée à confesse.

J’imagine seulement que ce doit être spontané, que l’on ne doit pas réciter un texte rédigé et appris à l’avance.

J’assume mes écrits car à l’instant T ils étaient vrais.

Ils ne le sont sans doute déjà plus quand on les relit. Il faudrait sans cesse les modifier.

Au final ils ne seraient plus que le reflet flou du reflet.

Et puis personne n’est censé me lire.

Ni pendant, ni après.

L’été je fais tout mollement.

Je suis guimauve surtout par grosse chaleur.

Je rêve.

Ce n’est pas fatigant de rêvasser.

Je me projette sans cesse… tout à l’heure je vais faire cela.

L’heure arrive et je repousse à plus tard.

C’est l’unique moment de l’année où je me mets entre parenthèses.

A l’ombre de mes parenthèses c’est fou comme il fait bon se laisser vivre.

Sans les mouches.

Je déteste les mouches.

Elles font du bruit, elles se posent partout, elles m’exaspèrent.

Je n’ai même pas honte d’avouer que j’ai acheté une tapette à mouches pour les tuer. Mais le plus souvent je les rate…

Je ne me résous pas à pendre au-dessus de ma tête ce ruban jaune sur lequel elles se collent et restent prisonnières. Spectacle désastreux qui gâcherait l’été.

Si elles étaient intelligentes ces mouches, elles éviteraient de venir me narguer quand je me repose.

Elles ne risqueraient pas leur vie pour rien.

Mais un été sans mouches ce ne serait pas un été.

C’est un exutoire la mouche, elle  représente tout ce que je veux chasser de ma vie.

 

Pendant que j’écris il y en a une, une seule qui circule dans la pièce.

Je lui dis en lui ouvrant grand la fenêtre « Si je savais voler je ne viendrais pas m’enfermer entre quatre murs ma grande ! File vite avant que je ne change d’avis ! »

ALICIA RAHO (2012)

 

 Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

-                                                                                                                                                                         

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