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SEANCE 73 - LA MORT :

Les meilleures citations sont celles que l’on choisit pour soit, que l’on peut enfiler comme une paire de chaussettes. Shakespeare, Montaigne,  Schopenhauer ou La Bruyère 

J’ai un petit carnet truffé de ces citations que j’ai glanées à droite à gauche.  C’est rassurant de pouvoir citer les autres et de pouvoir s’approprier leur propos.
De savoir qu’ils se sont penchés sur la question avant nous.

De les citer quand nos propres mots  ne semblent  pas capables d’exprimer ce que nous pensons. 

La mort me taraude depuis quelques temps.
L’idée de la mort.
Celle de l’autre bien entendu pas la mienne.


Je n’en suis pas encore à pouvoir envisager la mienne.

Plus exactement la mort de ma mère.


Ganesh  qui brandit sa hache enseigne l’art de se détacher de la vie de son vivant, si j’étais Ganesh je serais détachée  et je ne me torturerais pas l’esprit avec ces morts annoncées qui rôdent sans cesse de près ou de loin autour de nous. 

Quand je vais voir ma vieille mère,  elle me semble de plus en plus petite, fragile, faible, de plus en plus absente et vide.


C’est comme si nous n’étions plus seules toutes les deux dans cette chambre, comme si l’ombre de la mort nous empêchait d’avoir nos éclats de rire d’antan. 

Je n’arrive plus à la faire rire.

Mais nous n’en parlons jamais. 

Ma mère n’a jamais voulu affronter la vie, elle ne veut pas plus affronter la mort.


Une  vieille amie à elle est morte dernièrement.
Quand j’en ai été avertie je ne lui ai même pas dit.
Comme si la mort était contagieuse.

 

Elle a toujours  refusé d’aller aux enterrements. Peut être a-t-elle raison.

  Mais en même temps sa mort me renvoie à la mienne sans doute, ou plutôt à la peur que j’en ai. 

Je  regarde  ma mère et j’ai peur dans ses yeux de me voir en elle.


De me voir vieille comme elle. 

Je ne veux pas vieillir comme elle, je ne veux pas mourir comme elle.

  Je pensais que la philosophie était l’art d’apprendre à vivre, mais je crois comprendre que philosopher c’est finalement apprendre à mourir. 

Je ne sais trop vers qui me tourner.  Est-ce que toutes les citations consignées dans mon carnet m’aideront ? Est ce que Socrate ou Schopenhauer me délivreront de ma peur ?

Serai-je là à ses côtés pour lui tenir la main le moment venu ?

S’éteindra-t-elle seule dans sa petite chambre pendant que je dormirai paisiblement chez moi ?

 Je crois qu’il n’y a qu’un remède pour moi,  filer en librairie faire le plein de nouveaux ouvrages sur le sujet et oublier que nous sommes mortels en les lisant. 

 

ALICIA RAHO (2012)

 Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

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