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SENSORIUM d'Abha DAWESAR :

Ganesh. La simple évocation de ce dieu Hindou à tête d’éléphant n’a pas de résonance  particulière chez les occidentaux. Mais qu’en est il pour celui ou celle dont les origines, plus ou moins lointaines, sont en Inde ?

 Durga, L’héroïne du livre « Sensorium » d’Abha Dawesar nous livre ses interrogations, ses troubles, ses angoisses lorsqu’elle se retrouve prise au piège entre ses deux cultures orientale et occidentale. Elle prendra conscience de cette impossibilité de se défaire d’une culture, d’un pays et de tout un mode de vie malgré des influences contraires.

Alors que sa vie d’artiste plasticienne en Occident ne semble pas  prendre la tournure souhaitée,  Durga , en voyage en Inde, se laisse assez facilement convaincre par son cousin d’aller consulter un devin. Simple curiosité ou désir irrépressible et inconscient de respecter des traditions ? En dépit de son esprit très cartésien et de sa posture de non croyante, Durga  va donc volontiers se prêter à cette « expérience ». Elle ne sortira pas indemne de cette entrevue car les révélations qui lui seront faites vont bousculer son existence. Pour réussir à s’accomplir dans sa vie présente, il lui faut impérativement expier les terribles péchés d’une vie antérieure. Elle connaît dorénavant la procédure à suivre, les actions qu’elle doit accomplir et la liste des  offrandes.

Son esprit rationnel lui interdit de prendre au sérieux ces révélations qu’elles jugent douteuses mais son esprit émotionnel l’oblige à y prêter attention. Elle essaie de résister  mais déclarera à son cousin « je ne cesse de penser à ce qu’il a dit. Je n’arrive pas à chasser ses paroles de mes pensées. C’est comme s’il m’avait filé un virus cérébral ».Pour retrouver une  paix intérieure, elle commencera alors une longue réflexion pour essayer de comprendre  son existence présente. Ce cheminement peut très bien s’inscrire dans une culture occidentale. Mais alors comment, sans se compromettre et en respectant sa culture orientale, réussira t-elle, en utilisant son art, à expier ses péchés ?   

Au fil des pages de ce roman,  Abha Dawesar nous bouscule un peu dans notre lecture traditionnelle. Ce livre ne se lit pas avec aisance car très souvent, sur la page opposée au texte principal, l’auteur introduit  des croquis, des  expériences scientifiques, des réflexions… Autant d’éléments venant troubler notre lecture avec  nos codes habituels. Mais n’est ce pas à l’image du ressenti de notre héroïne ?

SYLVIE LAVAINE (2012)

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