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MES LUMIERES (3) : AGUIRRE OU LA COLERE DE DIEU de WERNER HERZOG :

 Le guerrier avec son casque de fer et son armure corrodée tient, renversée dans ses bras, la jeune fille blonde à la peau si blanche et qui porte une si belle robe écarlate. Le guerrier vient de recueillir le dernier souffle de sa propre fille. C'est la mort d'une enfant, la mort d'une infante très pure, poudrée, à la peau de velours parfaite, clouée par une flèche dans l'univers végétal de la décomposition amazonienne. La jeunesse dans ses habits de cour meurt dans l'autre monde, le nouveau, si loin de ses châteaux, aux confins des océans et des fleuves. Klaus Kinski est oxydé des pieds à la tête ; dans le film il marche comme un singe et tue comme il respire. C'est Aguirre ou la colère de Dieu de Werner Herzog. Mais là, dans la forêt primitive, au bord du Styx qui roule d'immondes eaux limoneuses, le reître regarde le ciel et ne voit rien. Il affecte ce rictus sensuel et cruel qui va le rendre célèbre autant que détestable. Peut-être pense-t-il à Nasstasja, sa blondeur intime à lui, qui l’intéressa si peu. En cet instant, alors qu'il a la tête ouverte par son casque en forme de hache, Kinski et Aguirre se rejoignent dans la conscience qu'ils sont irrémédiablement perdus.

DENIS PARENT (2012)

 Tiré de "Mémoire d'un amnésique"©

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