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STIGMATES : UN ROMAN DE CHLOE ALIFAX :

                    

 STIGMATES : marques durables que laisse sur la peau une maladie, une plaie ...

Stigmates est le roman du changement. C’est une histoire de frontière, de passage, entre l’état de jeune fille à celui de jeune femme, de l’anonymat à la notoriété, des petits boulots au métier d’écrivain ...

La jeune Louise Lockart doit retourner d’urgence chez ses parents et dans son village d’origine appelé « le noyau», suite à la séparation soudaine et brutale de ses derniers. Et ce retour aux sources est violent, compliqué, plein de résurgences du passé... Louise est face à ses démons, on comprend l’importance de ce noyau à la fois formateur et traumatisant auquel on est inexorablement attaché et dont on doit un jour se détacher.

A travers ce troisième roman, Chloé Alifax, pardon Louise Lockart aborde forcément sa conception de la littérature et ce dès l’ouverture du chapitre intitulé « JE PEUX MAQUILLER LA REALITÉ » et traitant de sa manière de façonner la réalité, de son style, des anagrammes, que tout ceci est un jeu, elle explique comment elle aborde son matériau pour s’amuser, éviter de s’ennuyer.
Elle évoque ses influences, des joueurs eux aussi, comme Bison Ravi, J.D Salinger mais aussi Barjavel. Elle évoque également les contes et histoires pour enfant, elle souligne son absence de formation littéraire universitaire.

Lorsque l’enfance est évoquée elle est synonyme d’âge d’or, d’insouciance, une sorte de paradis perdu. Et son retour au village la ramène à cette époque, mais elle se rend compte que les choses n’étaient pas comme elle croyait, est-ce sa vision qui change avec l’âge ? Les souvenirs ont-ils été eux aussi maquillés par le temps ? Comment reconstituer ce passé, si ce n’est en récoltant les fragments de mémoire de chacun?

En vérité, c’est un peu le roman d’apprentissage ou d’initiation à rebours. On part de Louise 30 ans environ, qui a écrit un premier roman qui a connu un succès certain et l’on revient en arrière, à l’origine, au traumatisme, à l’indicible. Peut-être à la source de son écriture ?

Le prénom et l’histoire de Louise ont fait écho en moi, et surtout m’ont fait penser à Louise Bourgeois, sculptrice française.
Un peu à cause du prénom mais également à cause d’une petite phrase de Louise Bourgeois « Art is a guaranty of sanity », « l’art est une garantie de santé mentale ». Son pouvoir d’exorcisme lui confère des vertus thérapeutiques. « L’art, dit-elle encore, c’est l’expérience, ou plutôt la ré-expérience d’un traumatisme.»

En effet, il semble qu’à travers son histoire et son art Louise se soigne ou plutôt se maintient en bonne santé mentale. Si l’on est artiste alors on possède une issue, un art thérapie, un art pour exorciser le passé, formuler ce qui est difficile à dire.
Car dans ce livre, Louise semble tour à tour, folle, désespérée, désorientée.

Les 2 Louise on également en commun un topos, celui de la femme maison, de corps troncs. Elles évoquent toutes deux la source, le noyau du drame familial et personnel et n’ont d’autre recours que de l’exprimer, de lui donner un forme pour les préserver. On retrouve une fonction cathartique dans ce roman, on ressort de cette lecture remué, transformé par une écriture intense, rythmée, dans un style si personnel. 

MARIE SATOUR (2012)

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