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DUEL : VERTIGES #1 :

Il faut toujours faire confiance à la jeunesse pour renouveler ce qui paraît épuisé, flappi, sans sève.  Le rock est une entreprise perpétuelle, une grande lessiveuse à retraiter le réel, une usine à retrouver nos rêves perdus.  De jeunes formations démontrent jour après jour qu’il ne faut jamais désespérer ni de la vie, ni du rock. Haut les coeurs jeunes gens, vous êtes l’espoir des lendemains qui chantent, la révolution en moins…

Abandonnons un instant le lyrisme pour placer notre loupe sur les sillons du premier EP du groupe DUEL qui nous propose 4 titres pleins d’allant.   Visisblement Julien Boulfray et Brieuc Carmaille n’auront pas besoin d’atteindre un âge vénérable pour comprendre les rudiments de la composition rock.  Cet EP qui tourne sans discontinuer sur ma vénérable platine mérite d’être salué comme le petit joyau qu’il est. Nos deux acolytes sont de véritables orfèvres car rien ne laisse supposer qu’il s’agit d’une primo production tant l’équilibre entre les textes, les compositions et les arrangements est juste.

Voilà bien longtemps que je n’avais pas écouté des chansons aussi bien écrites, pleines de trouvailles et de formules séduisantes… Trop souvent les jeunes artistes oublient à quelle tradition ils appartiennent.  Les plumes sont cassées depuis belle lurette et les encriers sont vides. La langue de Molière a été vidée de sa substance par 20 ans d’un rap impérialiste étourdi par l’orgueil de sa bêtise.   De ce côté-là DUEL relève le gant et défend une certaine forme d’aristocratisme de la langue. On sent bien que nos deux rockers prennent du plaisir à jongler avec les mots et les jolies formules : “Je provoque à la martiniquaise tes petits miaulements de finlandaise.” (Il faudra m’expliquer cette technique les garçons …). Il y a là une certaine idée de l’excellence française que l’on retrouve chez un Benjamin Biolay.

Les 4 titres, Caramel,  Mourir au combat, La grâce des acrobates, Oslo, sont  d’enthousiasmantes cavalcades qui méritent chaque fois qu’on y revienne tant  l’ensemble pop-rock saupoudré d’une pincée d’électronique est chatoyant.  Le duo n’est pas l’une de ces formations qui débutent d’emblée en surpoids.  Ici les guitares s’envolent comme des formations de libellules chamarées de mille reflets, les rythmiques sont profondes comme des sous-bois au printemps et les synthétiseurs laissent flotter dans l’air une atmosphère d’ampoules multicolores au coeur d’une nuit d’été.  J’allai oublier un goût certain pour des arrangements vocaux qui ne négligent pas les choeurs poussés dans le vent d’étendards joliment pop.  Il y a une alchimie toute simple chez DUEL qui fait parfois penser aux jeunes années d’un DAHO, et des formules qui nous rappellent certains albums de BASHUNG.  Les tempos sont vifs, ils sont ceux d’une jeunesse pressée d’en découdre avec la vie mais qui garde à la main un recueil de Rimbaud pour seul viatique.4

4 titres impeccables, inspirés, magnifiques et au fond pleins d’un passé héroïque que nos deux pop songers ont su faire revivre sous l’astre de leur jeunesse.  On le sait les rockers sont toujours condamnés à mourir au combat …. Ceux qui écouteront cet opus comprendront.

ARCHIBALD PLOOM (2012)

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