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A L'OMBRE DES DUNES de Georges GRENETIER :

 « Sentant le poids d’un regard, Bernard vit fixés sur lui deux yeux noirs, immenses » un regard digne de celui d’une princesse phénicienne surgie des siècles lointains, provenant de contrées mystérieuses vers lesquelles Bernard tendait depuis si longtemps.

 Ces grands yeux noirs dans lesquels la vie de Bernard va plonger sont ceux de  Yasmina, une militante engagée au côté du FLN pour libérer l’Algérie colonisée.

Bernard, quant à lui, dentiste dans le civil, est affecté au service de santé de l’hôpital de Djesila, ville du Sud Algérien, où il soigne militaires et habitants.

 

Après une rencontre au cabinet de l’hôpital, une folle histoire d’amour va naitre dans un contexte où tout les oppose : le terrible conflit algérien.

La ville tranquille et paisible de Djesila n’y échappera pas.

Les destins de ces habitants métropolitains, pieds noirs et algériens vont s’entremêler dans une histoire commune avec des vérités différentes.  Ce qui pour les premiers ne semblait être qu’une simple rébellion, s’avérait pour les algériens un véritable combat pour la liberté et contre l’injustice.

 Les rapports amicaux, familiers, de même que le racisme latent vont évoluer vers le mépris et la haine. Mais ce qui va primer sur le reste, c’est la peur.  Peur des attaques du FLN pour un camp et peur de l’interrogatoire de la SECTION SPECIALE pour l’autre camp.

Partout la montée irrésistible, irraisonnable de la haine, de la fureur vengeresse, ce besoin d’action punitive, sédatif du désespoir va se déchainer.  

Dans ce contexte qui oblige à faire de l’autre son ennemi, Yasmina et Bernard s’aiment d’un amour profond mais jamais heureux. Cet amour qu’on  reconnait car c’est celui qui demande le dépassement de soi, conduit aux risques les plus fous et aux sacrifices les plus grands qui exigent que l’on soit constamment à la hauteur.

Au travers de cet amour, c’est l’histoire de l’Algérie et de la France, de leurs destins liés, du drame de  l’exode à celui de la colonisation qui vient sourdre à « l’ombre des dunes ».  L’auteur nous invite également à la contemplation à travers de magnifiques pages sur un désert immuable et indifférent aux querelles humaines, son sable, ses dunes, son étendue.

A l’instar de  Theodore Monod « le fou » du désert, ou Qays le fou de Layla, on peut dire de Bernard qu’il est le fou de Yasmina.

 JULIE ORTIZ-SYLLA (2012)

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