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PARAFER ORDINAIRE de Jean-François JOUBERT :

Il fait un temps de chien sur ce roman. “Parafer” serait l’inventive contraction entre  Paradis et Enfer, la conjonction  littéraire entre le roman et l’expérience de laboratoire qui classe immédiatement Jean-François Joubert dans la catégorie des auteurs justement inclassables.  Un incroyable docteur Frankestein du verbe et de la syntaxe, un rêveur éveillé qui aurait la capacité de transformer ses cauchemars en littérature, ses songes en prose romanesque.

   Le roman, mais faut-il l’appeler ainsi tant l’expérience narrative que mène J-F Joubert  franchit les limites du connu, semble hésiter entre  la science fiction et l’approche surréaliste.  Ceux qui ont lu le “Demain les chiens” de Clifford D. Simak pourraient s’attendre à une version française du scénario de l’auteur américain, mais ils seraient évidemment déçus car  Joubert mobilise  une créativité prolifique et proliférante  qui épuise rapidement l’hypothèse du roman de SF. Le seul point commun avec Simak ce sont les chiens  qui  vivent sous une bulle protégée d’un monde  qu’une guerre lointaine a rendu inhabitable.  Pas bêtes d’ailleurs ces chiens, même drôlement adaptés à la situation au point d’inventer un programme de conditionnement qui les maintient tous dans ce périmètre dérisoire.  Les humains de leur  côté n’ont pas la vie facile car ils sont désormais domestiqués par la race canine. L’un d’eux – le grand-père du narrateur - va tenter la grande évasion… Inutile de déflorer  un peu plus la trame narrative  qui - vous l’avez compris – sort des sentiers rebattus  de la littérature actuelle. En cela Joubert  réussit totalement son pari.

   J’oubliais des grenouilles qui jaillissent en cascade de la cuvette des WC, s’ajoutant aux trouvailles étonnantes  qui se succèdent dans cette œuvre atypique et surprenante.  La difficulté tient sans doute à l’exigence d’un style très personnel  où la syntaxe parfois heurtée  pourrait déranger un lecteur non averti. « Parafer ordinaire » est une œuvre exigeante qui ne fait rien pour se rendre présentable, elle s’offre dans sa nudité la plus crue sans chercher à s’attirer un succès facile ; au contraire elle attend de son lecteur qu’il tente cette aventure en oubliant  tout ce qu’il croit savoir sur la littérature. Que vous l’aimiez ou le détestiez « Parafer ordinaire » a déjà gagné son  statut de roman « hors norme » .

ARCHIBALD PLOOM (2012-2013)

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