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SÉANCE 80 : LE PARDON :

 La copie de mon fils traînait dans le salon, le sujet du devoir de philo était : «  Peut-on tout pardonner ? »

Je découvrais 4 mots qui soulevaient un grand débat en moi.

Est ce que je serais capable de tout pardonner ?

Qu’est ce qui serait pour moi impardonnable ?

Me venait à l’esprit des exemples concrets.

Mon mari couchant avec ma meilleure amie ?

Impardonnable !

Oublier de me fêter mon anniversaire ?

Dur mais pardonnable !

Finalement est il si simple de trancher ?

Toute chose devrait  être examinée de façon factuelle  au regard de la situation,  du contexte, des protagonistes mais n’oublions pas que dès qu’il s’agit de pardon les émotions, les sentiments s’en mêlent brouillant notre objectivité. Le pardon est lié à la subjectivité de chacun, il est soumis aux influences du moment.

Pardonnerions nous la même chose à 20, 50 ou 70 ans ?

Il y a des chances que non.

Je crains d’avoir le pardon sélectif.

L’amour inconditionnel d’une mère pour son enfant la pousse à tout lui pardonner. Ce principe peut-il s’appliquer à l’amour d’une femme pour son amant ?

Non car cet amour peut se retrouver soudainement retiré, pour un pardon refusé.

Qu’en  est il du pardon envers soi même ?

Y a t-il des choses qui me hantent et que je ne me suis jamais pardonnées ?

Sans doute sont-elles tellement enfouies en moi que je ne les retrouve pas, ou alors je les assume au point de ne même pas imaginer de devoir me les pardonner.  

Le temps passe, je suis assise dans mon  fauteuil et je me demande si la paresse est pardonnable dans ce monde où l’action est tellement valorisée ?

Pour assumer sa paresse il faut finalement savoir être efficace à d’autres moments.

Un juste équilibre me convient : paresse à mi temps, active  pour le reste.

Je me pardonne ma paresse car elle est la source de ma créativité.

Que ne pardonnerais-je pas à ma psy ?

Qu’elle prenne sa retraite ou meure avant la fin de ma thérapie ?

Non.

Qu’elle devienne folle ?

Non.

J’ai trouvé ! Déménager très loin de chez moi, me contraignant, si je voulais poursuivre mon travail avec elle, à perdre  trois fois plus de temps dans les embouteillages…

Vraiment impardonnable !

ALICIA RAHO (2013)

 Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

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