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LAVOMATIC de Philippe DI FOLCO :

Philippe DI FOLCO  nous propose une expérience  littéraire  tout à fait décoiffante et résolument novatrice : faire passer la forme romanesque dans le tambour d’une machine à laver !  Tout amateur de littérature traditionnelle devra immédiatement passer son chemin et vite. Du coup l’expérience du nouveau roman  parait même un peu désuete. DI  FOLCO opte pour une modernité qui essore  la question de la narration de la manière la plus directe et la moins conventionnelle qui soit.  Faut-il déflorer quoi que ce soit du récit dont le personnage principal Jane  va en 122 pages subir un orage d’encre au rythme des tambours du Lavomatic  aux lueurs violines…? Il faut être DI FOLCO pour placer ce Lavomatic au coeur même de sa narration. Mais peu importe. 

En quelques mots , Jane est journaliste  et voudrait bien savoir ce qu’est devenu Mattéo Cirolama.  La voilà donc partie pour  la Californie . “La disparition de Mattéo Cirolama , à l’époque , passa, bien entendu inaperçue aux yeux du public, car il n’en avait point, de vie publique. En ce temps là, bien entendu, il s’appelait différement. Des années plus tard, il a commencé à faire parler de lui , sous ce nom quelque peu étrange , “Ciroloma”. Et Jane était là pour le faire parler de cet obscur passé qui n’avait point de nom.”  Un début  qui ressemble méchamment à un roman anglo-saxon.  DI FOLCO n’a rien, d’ailleurs, du romancier français prisonnier de son petit moi obsessionnel, de l’auto fiction à la mode, des courbettes médiatiques  qu’il faut faire pour exister un peu dans ce pays où l’on publie beaucoup mais où la littérature est devenue si plate que les vrais lecteurs ont pris les jambes à leur cou… La littérature française c’est un peu l’équivalent géographique de la Belgique … sauf que les Belges, eux, ne se prennent pas au sérieux.

Voilà donc notre journaliste partie aux Etats Unis, qui parvient même jusqu’à la villa de Ciroloma… qu’elle n’aurait jamais dû atteindre d’ailleurs parce qu’en vérité cette destination est simplement le point de non retour… Ici débute alors un travail narratif de haute volée où les évènements vont s’enchainer avec la régularité d’un programme de machine à laver. Sauf qu’ici la machine narrative semble apprécier particulièrement la fonction essorage.  Notre journaliste  va se faire véritablement lessiver  l’existence, perdant tout jusqu’à sa carte bleue, se retrouvant à bout de ressources, sans alliés, perdu au milieu des échangeurs routiers, des piscines, des panaméennes, des couples possessifs, d’un cimetierre virtuel et evidemment d’un Lavomatic. 

Ne cherchez  pas la cohérence, mais plutôt la jouissance… Oui  Roland Barthes se serait roulé dans ces 122 pages avec délectation. Il aurait crié au génie, aurait réclamé  d’en rédiger la préface, d’en examiner chaque virgule.  Ce roman passe trop vite, comme un excellent cauchemar ou un abominable rêve…. Orgasmique en vérité…  Littérature révolutionnaire  sans les maoistes… Un jour DI FOLCO, qui deviendra sans aucun doute le maitre à penser de ceux qui dénationaliseront la littérature française , a écrit “Mais à quoi bon vouloir écrire un livre quand il est si doux, si délicieux, si jouissif,  de se laisser aller à le rêver ?”  Et bien oui à quoi bon ?  Reste que je vais me jeter sur le prochain DI FOLCO – ayant malheureusement terminé celui ci - parce qu’en vérité  ce type est un vrai écrivain…

ARCHIBALD PLOOM (2013)

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