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LES ETOURNEAUX de Fanny SALMERON :

Fanny SALMERON confirme avec ce troisème opus intitulé Les étourneaux son talent indéniable de conteuse. Elle choisit à nouveau un format court, ce qui ne fait qu’ajouter à ses qualités de croqueuse d’histoire.
Sur fond de fin du monde et d’attentats à la bombe, 3 personnages aux noms enchanteurs vont traverser le récit : Brune Farrago - qui est blonde bien sûr ! -, Lodka Place - Vodka Palace ?? j’en veux un ! -, Ari Saint-Thomas - un ange quoi ! -, on ajoutera Ferdinand Griffon, l’adorable et indispensable dalmatien. Face à des circonstances dramatiques nos trois personnages choisissent la fuite et décident donc de quitter la ville pour la campagne et se réfugier à La Frontière, une maison un peu perdue, en plein cagnard, une maison grasse matinée et dans laquelle ils se trouvent un peu perdus, désoeuvrés aussi, chacun se retenant d’exprimer ses peurs et angoisses face à ce grand chambardement. La maison devient cocon,  paradis retrouvé.

Comme souvent dans les histoires de Fanny Salmeron, on retrouve au coeur des problématiques, le thème de la relation au sens large. En effet elle évoque tour à tour la famille recomposée, les relations au 21ème siècle - le numérique ayant remplacé le platonique -, l’importance des animaux de compagnie et l’amour que nous leur vouons, les regrets de n’avoir pas exprimé nos émotions. Les absences et les disparitions aussi, si difficiles à vivre et accepter. L’auteure réussit à créer un étonnant collage d’émotions multiples à l’image de ses personnages déboussolés et souvent désarmés face à leurs sentiments. Elle nous interroge aussi sur notre humanité. Que signifie être humain ? Sommes-nous seulement les esclaves des émotions qui nous traversent ? Sommes-nous à ce point traumatisés que nous nous coupons de nos sentiments authentiques ?

J’ai aimé le Paris du roman, et ce dès la première ligne « La place de l’Opéra attendait l’orage », et surtout un très joli passage au parc, peut-être un après midi au jardin du Luxembourg ? J’ai aimé cette façon de décrire, de nous rendre les détails fascinants, je trouve que le génie de Fanny se confirme dans cette oeuvre. Cependant, point de Paris de carte postale, pas de « Minuit à Paris », Fanny Salmeron ne cède pas au cliché, la ville est menacée par les attentats à la bombe et la menace d’une secte au nom bizarre : Tarpeia. Les citadins se retrouvent sous l’emprise de la peur, cèdent à l’hystérie collective et Paris est donc un lieu déserté de ses habitants et de ses charmes.

Les étourneaux c’est aussi l’incompréhension et la difficulté de vivre dans un monde qui marche sur la tête, menacé par des astéroïdes, des fous furieux et la guerre. Heureusement les étourneaux « continuent leur danse en troupeau ». La nature poursuit inlassablement son cours et reste un refuge, un possible, et peut être finalement le seul espoir.

J’ai aimé cette formule au détour d’une page : « Ça devrait être tous les jours la saison des tournesols » j’aime les tournesols, y a t-il une plante qui ressemble plus au bonheur ? En ce printemps pluvieux et frais j’ai moi aussi envie de TOURNESOLS.

Comme toujours chez l’éditeur Stéphane Million, j’aime le soin apporté à l’édition, la police des titres de chapitres, les micro-feuilles qui nous indiquent le numéro de la page, un clin d’oeil à l’histoire présente dans le livre même. Enfin les couvertures magnifiquement conçues par  Plaisir de Myope entre collages et patchworks nous donnent envie d’acheter ce roman tout simplement et aussi parce qu’il est beau…

 MARIE SATOUR (2013)

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