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CHRONIQUE DE LA MORT ANNONCÉE DES BLOGS :

Un billet lu dans un journal papier m'alerte, chiffres à l'appui (que je ne reproduirai pas là, par paresse, mais ils existent dans le Monde daté de samedi si le cœur vous en dit...) de l'inexorable déclin d'audience des blogs. Plusieurs hypothèses se mêlent pour expliquer la mort rapide d'un objet numérique bien identifié et qui n'aura connu qu'un bref apogée.

La fatigue des blogueurs est une des pistes, mais l'auteur de l'article ne s'appesantit pas dessus et je crois qu'il a raison. Pour la bonne et simple raison que "les blogueurs" n'existent pas. Entre ceux qui font ça pour leur boulot, ceux qui voudraient exister, ceux qui conjurent leur haine du monde, d'autres qui veulent partager leurs violons d'Ingres, ceux qui pensent trouver là un moyen d'attirer l'âme sœur et encore toutes ces catégories auxquelles je ne songe pas, on voit bien qu'il est mal aisé de chercher une unité. Et il faudrait regarder dans le détail ce qui décroît et pourquoi.

Seconde raison invoquée, l'extension et l'engouement pour les réseaux sociaux constituent en revanche une piste de réflexion plus sérieuse. Lorsqu'on réifie 140 signes ou mieux, un bouton "j'aime", on voit bien que la lutte avec un texte plus long et moins interactif relève des pots de terre et fer. Ceux qui ont le plus poussé la blogosphère, les influenceurs autoprocalmés usaient de toutes les astuces mercatiques bas de gamme pour faire monter l'audience et les commentaires sur leur site : renvoi vers d'autres, terminer les post par "qu'en pensez vous?" ou "on parie ?", faire des jeux concours et autres crétineries que je peux me vanter de n'avoir jamais commises. Et bien, pour ces demeurés, les réseaux dits sociaux sont un univers infiniment plus propice pour acquérir rapidement une audience massive. Donc exit des blogs poussiéreux. Idem pour les leaders d'opinion plus institutionnels qui ont déplacé leur communication vers les mêmes réseaux pour être plus réactifs. L'impératif du temps. Pourquoi continuer, quand on est en responsabilité, à distiller une analyse quand on peut se contenter de "liker" et "retweeter" avec l'élégance et l'intelligence d'une otarie applaudissant devant la perspective d'un hareng mort...

Les plus jeunes créent moins de blogs, préférant des tumblr, vidéo 1 / Logos 0. Encore que, l'auteur de ce blog qui customise les classiques littéraires avec une verve insolente et une pêche folle n'a que 21 printemps. Comme dirait mon ami Laurent, le Grand Journal lui est promis...

L'article, on le sent bien, pleurait cette mort du blog. Je m'en garderais bien, au contraire. Débarrassée de tous les toxiques qui venaient pour un vaste concours de qui à la plus grosse (influence), la blogosphère n'en est que plus jubilatoire. On n’y trouve plus ces ridicules concours de chiffres sur les pages vues, les commentaires et autres nombres de visites impromptues.  Au final, ces effets de manches et de mode ne font que renforcer mon goût pour cet espace numérique d'absolue liberté. De ton, de taille des textes, et de leur fréquence. Sans doute m'arrivera-t-il pour d'obscures raisons de ne rien publier pendant quelques semaines comme nombre d'amis ayant connu cette phase d'assèchement inspirationnel, mais jamais au point de déserter cette oasis d'expression libre. Pour la plus pure beauté du geste. 

 VINCENT EDIN (2013)                                                                    

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