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CARRIÈRES NOIRES - ELENA PIACENTINI :

 Qu’est-ce qui fait un bon polar ?

Je dirais que c’est une sorte d’alchimie qui se produit entre une histoire (de meurtre bien sûr), un lieu, et des personnages : victimes ou bourreaux,  assassins,  innocents, torturés, tordus, enquêteurs au passé parfois douloureux … Et puis un bon auteur pour mettre en mots tout ça, créer l’atmosphère et nous embarquer dans son histoire.

Dans Carrières noires, tout y est : le meurtre, évidemment, le lieu –le labyrinthe souterrain des carrières de craie de Lézennes. Et puis les personnages : une vieille dame retrouvée morte, sorte d’éminence grise qui avait  pour objectif de faire élire son neveu président de la République ; son majordome, au visage de fouine ; le neveu, ambitieux, arrogant et peu scrupuleux ; trois copines fauchées qui rêvent d’une retraite dorée ; des enfants disparus, et un être mystérieux et inquiétant qui se cache dans le labyrinthe des carrières souterraines.

Et bien sûr les enquêteurs : le commandant Leoni qui reprend du service malgré lui après un drame familial, et Eliane, la belle légiste.

Et puis l’auteure, Elena Piacentini, qui nous emmène dans cette histoire peu banale où les destins se croisent et s’entrecroisent, avec un style limpide, brillant, tantôt cassant, tantôt poétique, mêlant parfois l’humour au suspens, nous laissant haletants à la fin d’un chapitre, au moment le plus palpitant, pour nous entraîner dans un autre lieu où les événements s’enchaînent de façon tout aussi passionnante.

Parce que l’intrigue est, tout comme les carrières, un labyrinthe dans lequel l’auteure se plaît à nous perdre.

« Mes chemins sont plus longs et sinueux mais ils me guident toujours en tous points de mon royaume ».

Le royaume du monde d’en bas, effrayant pour les uns, rassurant pour d’autres. 

Vous allez, comme le commandant Leoni et comme Elena Piacentini elle-même, faire le grand écart entre la Corse et le Nord de la France. Vous allez vous perdre dans le labyrinthe mais vous allez regretter d’en sortir une fois la dernière page tournée.
Et comme vous aurez du mal à couper le fil d’Ariane, vous relirez les premières pages du roman avec un autre regard, tout sera limpide et clair, et vous remarquerez que la boucle est bouclée.

Peut-être qu’alors, vous aurez envie, comme moi, de lire les trois premiers romans d’Elena Piacentini afin de retrouver son univers et d’en savoir un peu plus sur le commandant Leoni …

BETTY JUSTE  (2013)

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