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ANELKA ET BOOBA : SYMPTOME D'UNE SOCIETE :

Bon c'est vrai on a tous tendance à faire les difficiles mais quelquefois on a quand même un tantinet raison... Prenez la dernière couverture des Inrokuptibles, magazine que je lis, et donc soutiens, depuis fort longtemps. Je l'avoue le fait d'être abonné ne me donne pas le droit d'influer sur la ligne éditoriale, en revanche personne ne m'empêche de l'ouvrir quand le rédac en chef passe les bornes et que parmi son équipe il ne se trouve personne pour lui dire : "Ecoute coco je te le dis comme je le pense on est en train de prendre les lecteurs pour des cons..." Tous les gens qui ont du pouvoir le savent, c'est une position qui rend aveugle et sourd. Vous avez forcément raison parce que vous êtes censés être le boss mais en vérité vous êtes juste un type qui a la possibilité de virer ceux qui lui font de l'ombre. En France il y a trop de talents pour le nombre de postes à pourvoir. C'est l'un des effets secondaires de l'école républicaine. Elle fabrique encore un peu d'excellence... Du coup le rédacteur en chef devient méfiant et intraitable car il se doute qu'il y a certainement un petit jeune qui va lui piquer sa place dans l'équipe... Mais revenons à cette couverture des Inrocks décidée par le susdit rédac en chef (sauf qu'aux Inrocks ils sont trois ce qui les rend encore plus nerveux !) On y voit deux sommités de la culture française, j'ai nommé Booba et Anelka dont les portraits sont accompagnés de la mention intelligentissime "Enfants de la patrie".

Ça c'est trouvé !

Rappelons que les Inrocks  est un magazine  bobo au même titre que le Nouvel Obs (auquel je suis aussi abonné). Il est sensé être lu par une intelligentsia généralement satisfaite d'elle même et tirant de l'existence des revenus culturels et financiers honorables. Je veux dire de quoi se payer des CD, des places de cinéma, de théâtre, de concert, des livres et des vacances dans des endroits où il fait chaud l'hiver. Moi je ne fais pas tout à fait partie de cette catégorie, je m'achète effectivement tous ces produits culturels mais je ne parviens pas à me payer les vacances au chaud... J'ai dû rater un truc dans ma vie.  

Me voilà donc devant cette couverture des Inrocks  me demandant s'il faut vraiment procéder à l'autopsie. J'ouvre évidemment le magazine parce que je suis un indécrottable curieux et  que je me demande ce qu'ils ont pu tirer de ces deux têtes creuses. Deux expatriés dont l'un doit son talent à mes impôts et l'autre a réussi à gagner au loto des rappeurs.  Des types qui ne respectent qu'eux mêmes et nous rejouent "Prends l'oseille et tire toi !" sans le talent de Woody.   Je lis donc l'interview par acquis de conscience... Le fameux interview qui "fait peur à la France !". Et c'est vrai j'ai peur. J'ai peur du vide.  Que faire dire à deux lascars qui n'ont justement rien à dire ?  Des trucs surprenant du genre :" Moi, je ne me suis pas construit en France. Je n'y ai eu que des soucis..." De la part de notre Anelka national - vaillant poète à ses heures en première page de l'Equipe - c'est grandissime. Eh mon gars , c'est juste nous qui t'avons payé ta formation à l'INF Clairefontaine avec nos impôts ... Petite misère va ... heureusement que tu sais faire des trucs avec tes pieds ! D'ailleurs tu sais où on te le met notre pied !?  Et l'autre  gros malin :" Tous les immigrés se sentent mieux à l'étranger... La France n'est pas une terre d'accueil !"  Ca c'est une nouvelle !  Ah les méchants français ! Il se trouve que je connais des tripotées d'immigrés qui sont bien contents d'être en France et qui vous disent "Le bled c'est bien pour les vacances !" Il doit pas connaître ceux-là le "Booba je sais mieux que vous !" C'est normal ça fait un moment qu'il est parti dépenser ses économies en Floride. La Floride des milliardaires c'est tellement mieux que la France des immigrés à qui il tourne désormais le dos.

Je me  souviens de Pete Townshend leader des Who  à qui un journaliste  demandait pourquoi en étant taxé sur son revenu à 98% il ne quittait pas la Grande Bretagne, déclarait qu'il restait tout simplement parce qu'ils ne voulaient pas se séparer des "kids", des gamins à qui il devait le succès de son groupe. Whaouu ! Pas le genre de propos qu'on entendrait  dans la bouche de ces deux prétentieux qui finalement  détestent le pays qui a fait leur succès.  C'est l'histoire du type qui gagne 100 millions d'Euros  au loto et déclare :"J'emmerde la française des jeux !" C'est un peu ça Anelka et Booba.  Des gros gagneurs qui pensent qu'ils se doivent tout. 

Booba affirment : "Je bosse à distance avec des gens de confiance : quand le rap s'arrêtera , je n'aurai plus que les affaires... c'est capital pour moi."  Question "capital" je ne m'inquiète effectivement pas trop pour lui.  Je vous passe les couplets sur les blacks qui sont tellement mieux aux Etats Unis qu'en France parce que là bas ils forment une vraie communauté où "Le respect ça se gagne par la crainte..." Bien la preuve que les voyages forment la jeunesse. Ils ont appris à devenir intelligents ces deux là à l'étranger... Ils auraient bien raison d'y rester d'ailleurs. 

Non que je veuille contester le fait que les gens de couleur en France ne subissent pas certaines vexations comme nos deux acolytes le suggèrent. J'en suis évidemment conscient.  Il va s'en dire qu'en France il vaut mieux être un homme qu'une femme (du moins devant l'échelle des salaires), blanc que noir, riche que pauvre...  Mais autant enfoncer des portes ouvertes.  J'aimerais qu'on me démontre que la situation est vraiment différente aux Etats Unis.  Les émeutes de Los Angeles ont, me semble-t-il , souligné le contraire. Quand Booba déclare "Je suis arrivé à Détroit, j'ai eu l'impression d'être au bled. Il y avait des renois partout autour de moi, qui s'habillaient comme moi..." il démontre simplement que le communautarisme marche à plein aux USA et qu'ils ont inventé le concept de "bled at home". Le pays reste au pays. Les noirs américains ayant perdu depuis longtemps le lien avec la terre d'origine.  Ce qui, soit dit en passant, n'a rien de vraiment révolutionnaire. J'ajoute que l'intégration dans un pays est passablement faussée quand on arrive  précédé d'une brouette de dollars. 

A la lecture de cet accablant dossier je me demande quel but poursuivent les INROCKS  en nous fournissant pareille sociologie de bazar. Noirs, blancs, jaunes sont tous capables de débiter les mêmes âneries de café du commerce, mais j'accepte assez mal de me faire faire la leçon par deux petits merdeux aux poches pleines quand je sais que tant de personnes désintéressées, travailleurs sociaux, instituteurs, professeurs, tentent de tirer tous les gamins de banlieue vers le haut dans des conditions pas toujours faciles.  

Vraiment il y a quelque chose de pourri  au royaume des INROCKS...

ARCHIBALD PLOOM 

 

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--  Le Facebook d'Archibald PLOOM

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