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ELLIOTT MURPHY de MARTY MAY :

Arfff !! Je ne connaissais pas Elliott Murphy – comment est-ce possible ? - et franchement, c’eût été dommage de rester dans l’ignorance : il fut, et est toujours, un grand musicien dont la production est comparée à celle de Neil Young et de Bob Dylan … C’est dire.
Rencontrer un musicien à travers une de ses œuvres littéraires, ce n’est pas banal, mais c’est une approche qui ne manque pas d’intérêt. Je suis donc allée faire un tour sur You Tube et je n’ai pas été déçue : Aquashow, Night Lights, etc … Bref, Elliott Murphy compte une bonne quarantaine d’albums à son actif.

Mais parlons du roman.

Il faut d’abord préciser que ‘Marty May’ a été écrit dans les années 80 et que seuls quelques extraits avaient été publiés en français en 1989, sous le titre ‘Cold & Electric’, aux Editions de l’Entreligne.

Voici donc la version intégrale, légèrement époussetée, aux dires de l’auteur.

Ce n’est pas une autobiographie mais quand même, il y a des situations qui sentent le vécu. Le récit est du reste, à quelque rares exceptions près, écrit à la première personne.

Marty May est un guitariste talentueux qui fait ses débuts avec un blues man noir et aveugle, Blind Red Rose.
Puis, il se lance dans une carrière rock et connaît un grand succès qui va l’entraîner dans le Sex, Drugs & Rock ‘n’Roll qu’ont vécu les rock stars des années 70, avec les pertes que l’on sait. Lui s’en sort plutôt bien.
 

Mais dans les années 80 (le récit se déroule en 1982 et 1983), avec l’arrivée de la New Wave et du Heavy Metal, le rock n’est plus à la mode et Marty ne trouve plus de maison de disques qui accepte de l’enregistrer.

 « Si mon ascension avait été trop rapide, ma dégringolade se fit à une vitesse supersonique. »

La finance est passée par là : il faut de la rentabilité à tout crin. Du commercial, rien que du commercial.

Fauché et harcelé par le gestionnaire de son compte American Express, Marty tente de faire rebondir sa carrière par tout moyen.

S’ensuivent des situations souvent cocasses dans lesquelles Marty perd parfois un peu de sa dignité, mais jamais de sa lucidité.

« Les jours qui suivirent le bal, et mon arnaque avortée, furent pour le moins terribles pour mon ego et pour mon âme. »

Marty May sait pratiquer l’humour et l’autodérision avec élégance.

 Ce roman rock, doux-amer comme la nostalgie, nous plonge dans cette Amérique des années 80 où le business l’emporte sur le talent. Mais Marty va se battre sans perdre son âme.
 « Comme si je devais défendre quelque chose, quelque chose de plus important que le fait que je sabote ou non l’engagement que j’avais obtenu. Comme si je devais faire ça pour sauver le rock, le protéger de tous ces barbares. »

Marty May est un roman attachant au style fluide et enlevé, qui parle de doutes, d’angoisses, de petits arrangements avec la vie, mais aussi de loyauté et de fidélité.

Qui parle d’humain, quoi.

Touchée.

Rock’n’Roll is not Dead … 

BETTY JUSTE  (2013)

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