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GRAND FUNK RAILROAD LIVE THE 1971 TOUR :

Les merveilles se font rares. Tu sais ça ? J’ai déjà dit ça, mais là… Les masses de béton, forteresses disloquées du dérisoire, volent subitement en éclats, une formidable agitation sous forme de live tour. En 1971 du Grand Funk Rail Road nous arrive tout droit de l’espace sidéral, les lignes de communication enchevêtrées générant une formidable envie de se déplacer dans tous les lieus ou ce groupe va sévir. On les attend même au Shea Stadium de New York, le même que les Beatles n’étaient pas parvenus à remplir. Les hurlements de sirène résonnent lugubrement dans le back stage, Mark Farmer noue nerveusement ses grands cheveux blonds… putain, ces cheveux-là, tu donnerais 6 mois de ta vie pour avoir les mêmes. Ecoute !!! Ainsi parlait Zarathoustra… Inconnu celui-là !!! Merde réfléchi ! C’est ce morceau magistral de Strauss qui t’annonce en début de show, un truc énorme.« Are You Ready » démarre, tonitruant. La foule afflue aux portes du stadium. Les retardataires revenus des plages ensoleillées de Long Island sont nerveux. Les premiers riffs conjurent la malédiction de quelques métros mauvais coucheurs qui ont toujours du retard : « Merde, j’aurais du partir une heure avant ! ».  Mark Farmer (guitare et chant) a 23 ans, Mel Schacher (basse) 20 ans et Don Brewer (drums et chant) 23 ans lui aussi. Ils sont tous du Michigan, là-bas au nord. Comment ces types du grand froid peuvent te faire frire la moelle comme ça ?« Paranoid »« Paranoid » s’emboitent, les morceaux maudits, des bâtons de dynamites dans la termitière des biens pensants, manifeste de la rébellion qui couve dans ce pays « on ne veut plus de votre société, on veut s’envoler ailleurs, portés par les notes, portés par les sons, à la vitesse de la lumière ». « I’m Your Captain », « Closer To Home » retient son souffle. « Hooked On Love ». La basse de Mel ce métronome porte le morceau. Pas une distorsion. Je te dis pas le matos !  « Get It Together », maniaque de sa rondeur joviale, enfin l’orgue Hammond annonce les meilleurs morceaux du groupe, l’obsession intime de marquer ce jour, « T.N.U.C » confirme et mériterait des pages de digressions ; ce morceau vit après de durs travaux en studio ; tout repose sur la performance de chacun, le solo de batterie de Don supporté par les sifflets électrise l’atmosphère. L’attitude créatrice du Grand Funk Railroad est fondamentalement différente, loin des sentiers battus de ce qui se fait à l’époque. « Inside Lookink Out » soulage la pression. Là, on s’installe confortablement dans du lourd. La guitare de Mark s’envole… « Mark, je t’aime putain ! Tu es doué… J’en peux plus. Comment tu fais ? La performance fait surgir d’innombrables interprétations mais cette version-là va être unique, le fameux doigt venu d’ailleurs qui touche la guitare une fois dans sa vie… On y est ! Le groupe unanimement fait face à la foule, Panzer bardé des armes les plus meurtrières. Les pinces ensorcelées prennent à la gorge les premiers témoins, garçons babouins dans des mimiques incompréhensibles, filles nubiles, tous vont avoir des frayeurs radioactives. Le monstre dévore… « Gimmie Shelter » des Stones pourquoi pas !! Et puis, et puis « Good Night ». Dis Mike, coup de poing tragique, à l’évidence : le concert touche à sa fin. Quel morceau sonnera le rappel ? Mais oui ! « Into The Sun » ! Je l’avais oublié celui là. Autour d’eux se déchaine une équipe de prédateurs pressés d’en finir (Hell’s Angel’s, roadies et autres techniciens…). New York retombe de son nuage. Fais chier… Le métro attend peut-être. Vite, vite, on rentre. Plus tard, à la télé, passe le concert de Jimi à Monterey. Une autre histoire…

Référence : Grand Funk Railroad  Live The 1971 Tour (CD Capitol 72435-39501-2-5)

 J.E DERAIN (2012)

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