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FORMER DES REPUBLICAINS par Ferdinand BUISSON :

    Le premier devoir d’une République est de faire des républicains, et l’on ne fait pas un républicain comme on fait un catholique.  Pour faire un catholique, il suffit de lui imposer la vérité toute faite : la voilà, il n’y a plus qu’à l’avaler. Le maître a parlé, le fidèle répète. Je dis catholique  mais j’aurais dit tout aussi bien protestant ou un croyant quelconque (…)

   Pour faire un républicain, il faut prendre l’être humain si petit et si humble qu’il soit , un enfant, un adolescent , une jeune fille : il faut prendre l’homme le plus inculte, le travailleur le plus accablé  par l’excès de travail, et lui donner l’idée qu’il faut penser par lui même, qu’il ne doit ni foi, ni obéissance à personne, que c’est à lui de rechercher la vérité et non pas à la recevoir toute faite.

   Sans doute, il y a des vérités incontestables, mais celles là l’Etat n’a pas besoin de les imposer : personne ne les conteste ; telles sont les vérités mathématiques, les lois fondées par l’expérience  dans tous les ordres de la science. Celles-là l’Etat les enseigne, non à titre de dogmes mais de vérités démontrées et que chacun peut toujours vérifier. Quand aux autres, aux croyances, aux opinions, aux convictions religieuses par exemple, l’Etat ne les enseigne pas.

FERDINAND BUISSON (1903) Discours au Congrès radical

 

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