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ENIG MARCHEUR de Russel HOBAN :

« J’ai rien d’aurt que des ots à mett sul papier. C’est si dur.  Par fois il y  plus sur le papier vyd qu’il y a quand l’écrit couche dssus. Tu sayes de sprimer les ganrr choses et elles te tournn le dos. Pour tant tu verras les vestij en pyèr et leur dos te parle rond. »

Écrit en Parlénigm, une langue inventée par l'auteur Enig Marcheur  est le journal d’un garçon de 12 ans rédigé dans une époque lointaine  après un méga conflit nucléaire qui  a  ratiboisé l’humanité, ce roman de Russel Hoban est une véritable performance  littéraire de près de 300 pages dont le traducteur Nicolas Richard a su tirer la substantifique moelle.  Ce roman post-apocalyptique  traite de l’illusion du progrès, peu importe au fond de quelle civilisation il s’agit  mais  Hoban ne manque pas de pointer l’orgueil des hommes qui méprisent leur environnement

 Ce roman ne se lit pas,  il se déchiffre comme un palimpseste où l’histoire des hommes aurait  été réécrite par un enfant maladroit. Il ne s’adresse pas à un lecteur complaisant  ou paresseux.  C’est un texte exigeant, celui d’un écrivain visionnaire qui porte un regard  aigu sur l’avenir  d’une humanité dont l’aveuglement le dispute à la veulerie. Cette fiction futuriste  passe par les yeux d’un enfant qui n’a connu du monde que le danger  des chiens mangeurs d’hommes et l’affrontement  de différents clans.  Ce point de vue à la fois enfantin et intimiste  nous plonge dans une méditation qui ne peut manquer de nous interroger  sur le sens de l’Histoire.

 Russel Hoban est mort en 2011, Enig Marcheur publié en 1980, eut bien du mal  a être édité. Hoban eut l’intuition de son roman en visitant en 1974 la cathédrale de Canterbury ;  en contemplant dans la nef La légende de Saint Eustache, il se représenta soudain l’Angleterre des milliers d’années après sa destruction par une guerre nucléaire. Ainsi s’accomplit la naissance d’un chef d’œuvre en présence d’un autre chef d’œuvre. Mais les chefs d’œuvre littéraires  ont souvent du mal à se frayer un chemin  parmi les centaines de publications sans intérêt  qui justifient l’activité  éditoriale.  Il a fallu près de six ans à son auteur pour l’écrire et sans doute autant pour trouver un éditeur. Si en tant que lecteur  vous  avez une âme d’aventurier capable de vous embarquer  pour une destination inconnue, ce roman est pour vous.

Archibald PLOOM (2013)

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