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LITTERATURE ANGLO-SAXONNE

LA FILLE DU FOSSOYEUR de Joyce CAROL OATES

     Joyce Carol Oates  n’a qu’une seule passion dans la vie : écrire.  Ses romans se comptent par dizaines et on ne voit pas bien ce qui pourrait l’arrêter. L’écriture est chez Oates  un mode de vie,  elle passe d’une oeuvre à l’autre  avec une vélocité qui confine  à la virtuosité.  L’une des grandes qualités de l’écrivain – professeur à Princeton - tient à son travail de documentation qui ne laisse jamais rien au hasard. C’est le cas avec “La fille du fossoyeur” roman d’époque qui se déroule sur plusieurs décennies à partir des années 1930.   Près de 700 pages  qui  relatent l’existence de Rebecca Esther Schwart qui va fuir   l’Allemagne  nazie et qui va échouer  à Milburn, Etat de New York.   L’intégration  n’est pas facile , ils ont eu le malheur  d’être juifs en Allemagne et d’être  allemands aux Etats-Unis. Son père  Jacob trouve un travail de gardien au cimetière municipal de la ville. Il ne va pas tarder à développer un syndrome de persécution aigu.

   La petite Rebecca va être élevée  dans les interdits,  en particulier  ceux qui touchent au sexe,  par un père qui pense que les américains voient des espions partout.   Dans un accès de folie  Jacob va décharger son fusil  sur sa femme et le retourner contre lui,   faisant de Rebecca une orpheline. Par la suite  devenue femme elle vivra dans la hantise  des agressions sexuelles et des viols conjugaux . Devenue femme de chambre  elle va échapper au viol de peu  grâce à l’intervention d’un homme qu’elle va finalement épouser et qui va se révéler être une brute épouvantable.  Mais quand elle quitte  son bourreau pour un homme bien, des interrogations la poussent à revenir sur son passé. 

   On retrouve dans «La fille du fossoyeur» certaines obsessions de Joyce Carol Oates, la hantise  des prédateurs sexuels  et celle du changement d’identité  mais c’est aussi un roman sur l’Amérique de l’après guerre  et une œuvre qui célèbre la résilience face à un destin cruel. Un roman d’une grande force narrative à la fois dérangeant, sombre et envoûtant. 

Archibald PLOOM  

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COUP DE COEUR CULTURE-CHRONIQUE

   Les éditions Piranha ont pris, depuis quelques années, la bonne habitude de nous proposer  des romans aussi imposants  par leur épaisseur qu’enthousiasmants par leur contenu.  “Breaking News” de l’écrivain allemand Franck Schätzing  ne déroge pas à ce qui est désormais devenu une tradition.  Près de mille pages d’une prose dense, bouillonnante et inspirée ! Mille pages au bord du précipice écrites avec une plume trempée dans l’encrier des violences du monde. Il faut dire que Franck Schätzing cultive  depuis les années 1990  un goût certain pour le thriller politique.

   L’action débute dans les provinces du Nord de l’Afghanistan  par une opération militaire désastreuse comme il y en a eu beaucoup dans ce pays. Le grand reporter de guerre Tom Hagen va y laisser une partie de ses idéaux et de son équilibre personnel.  Sa carrière est brisée.  Mais quelques années plus tard Hagen  a la possibilité de revenir dans le jeu  quand il  découvre d’incroyables données confidentielles qui impliquent les services secrets israéliens.  Notre reporter flaire un énorme scandale international mais la grande faucheuse court plus vite que lui et il se retrouve bientôt seul avec quelques bribes de vérité  mortellement dangereuses.  Commence alors pour Tom Hagen une course impitoyable contre la mort qu’il n’est pas vraiment certain de gagner.

   “Breaking News” est un roman d’une incroyable puissance  narrative  où les personnages  sont souvent des pions qu’on pousse sur un échiquier dans une partie   où les joueurs avancent masqués.  Franck Schätzing balade son lecteur  d’Afghanistan  au Proche Orient mais aussi  dans l’histoire tumultueuse d’Israël  à travers le destin croisé de deux familles d’émigrés juifs.   Mille pages aussi lourdes que le plomb dont sont faites les balles qui tuent.  Un sacré road trip de sang et d’histoire qui remonte  les fils d’une immense conspiration dont les racines remontent à la Palestine sous mandat britannique.  Du grand art !

Archibald PLOOM

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ESSAI

     Explorer les ruines, les examiner et les considérer sous un regard neuf voilà le travail auquel s’est livré le philosophe italien – remarquablement traduit par Anne Bourguignon – Roberto Peregalli dans ce remarquable petit ouvrage au titre évocateur “Les lieux et la poussière”.  L’auteur dans ses déambulations au coeur des ruines souligne, par sa démarche même,  la fragilité du monde dans lequel nous vivons.  Les ruines – le philosophe ne s’intéresse pas dans cet essai aux ruines archéologiques – soulignent ces accidents, qui s’inscrivent dans le long processus de vie des bâtiments construits par l’homme, et qui finiront inéluctablement par vieillir et dépérir.

   Robert Peregalli veut par son travail, accompagné de nombreuses photos en noir et blanc, montrer la fragilité même de la vie que notre société tente constamment d’exorciser sous des lumières violentes et des surfaces pâles et ternes. “Le déclin est constitutif de l’être. Tout décline, se corrompt, se défait. Mais ce déclin est un fragment de notre être. Une lumière intermittente à cause d’une ampoule capricieuse, un phare qui reste éteint peut donner un charme poétique à des lieux qui d’ordinaire sont inhospitaliers.”   La ruine replace les rêves des mortels à leur juste condition, en particulier ceux des architectes qui cherchent constamment à faire plus grand, plus haut, plus long dans ce qui finit par tourner à une forme de pornographie au service du pouvoir.   Leurs créations manifestent l’hybris humain, celui d’une volonté de puissance inconditionnée.

  Le philosophe, dans un texte d’une grande densité, pointe aussi la peur du vide combattue par une mécanique du remplissage.  “ On veut remplir chaque espace disponible. A peine voit-on un terrain en friche , un pré avec des arbres qui ont poussé sans l’intervention de l’homme, qu’on veut aussitôt arracher, déplacer, détruire pour y construire  des édifices sans forme, ni règle, ni harmonie, l’acharnement contre les constructions du passé, sans défense, abandonnées engendre des monstres.” La critique est sévère, parfois implacable et elle propose un état des lieux qui réintroduit l’intime dans les terrains vagues, les friches, les ruines.  De Tanger à Kyoto en passant par Paris et Milan, Roberto Peregalli  nous propose  une méditation  sur le destin de ces lieux enveloppés de quiétude et de silence et qui renvoie implacablement  à notre propre déclin immergé lui dans le bruit assourdissant de ceux qui ne veulent rien entendre de la vérité du monde.

Archibald PLOOM 

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