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COUP DE COEUR CULTURE-CHRONIQUE

GABRIELLE OU LE JARDIN RETROUVÉ de Stéphane JOUGLA

     On avait déjà aimé “L’idée” le très beau premier roman de Stéphane Jougla qui avait été couronné  par le prix Méditerranée des lycéens.  “Gabrielle ou le jardin retrouvé” confirme  un  authentique talent  d’écriture qui sait sonder la profondeur des êtres.  Gabrielle qui est au coeur de son récit  possède deux passions  : les livres  et les plantes… “Gabrielle distinguait ses amis en deux catégories: ceux des livres, qu’elle voyait à la bibliothèque ou au lycée et ceux des plantes, qu’elle rencontrait chez les pépiniéristes ou dans les foires aux plantes de la région.”  Martin son compagnon les  confond  tous, vieilles dames amoureuses de Marcel Proust ou des fougères arborescentes, créateur de jardins feng ou poètes du dimanche,  fleuristes aux mains calleuses, botanistes pensifs…

   La vie ne suit pas un cours forcément linéaire et un jour le destin vient frapper dramatiquement à la porte de Martin quand il apprend que Gabrielle a été fauchée par une voiture alors qu’elle se déplaçait à bicyclette.  Il s’abime alors dans un chagrin qui ne semble pas avoir de fond.  Martin refuse la réalité de cette disparition et va progressivement se construire un ilôt de bonheur, construit autour des deux passions de Gabrielle, dans un océan de peine.  Lui qui n’ouvrait jamais un livre va se mettre à dévorer roman après roman  et  parallèlement il se consacre à l’entretien  du jardin  de sa bien aimée.  Avec beaucoup d’habileté  Stéphane  Jougla  fait lentement glisser  le récit vers une robinsonnade  rédemptrice car le jeune homme se retranche de la société pour vivre en autarcie avec son souvenir.

   Tout aurait pu s’arrêter là mais Gabrielle avait un secret qu’elle n’avait pas révélé par amour.  Ce secret va permettre à Martin de faire des rencontres extraordinaires et lui permettre de retrouver un sens à son existence.  Stéphane Jougla  réussit avec  “Gabrielle ou le jardin retrouvé” une magnifique célébration de ce qu’il y  a de plus complexe  dans l’humanité, une réflexion profonde sur l’identité et l’altérité  de chacun face au malheur.  Une belle leçon de vie.

Archibald PLOOM  

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RENTREE LITTERAIRE

   En Haïti le kidnapping est un sport national. Quand vous êtes fortunés – ce qui est plutôt rare dans ce pays qui semble banni de dieux – vous êtes en danger.  Mireille Duval Jameson est  une avocate d’origine haïtienne mais elle vit et exerce aux Etats Unis.  Mireille est aussi la fille de l’un des hommes les plus fortunés de l’île et c’est ce qui va justement faire irrévocablement basculer sa vie.  La jeune femme va être enlevée alors qu’elle passe des vacances dans la capitale Port au Prince en compagnie de son mari Michael et leur bébé Christophe.  Les ravisseurs ne vont pas tarder à réclamer une rançon : un million de dollar.

   La jeune femme pense que son père va rapidement payer mais ce dernier refuse craignant que toutes les femmes de sa famille ne soient successivement enlevées.  La jeune femme se retrouve alors dans une situation impossible entre les mains d’une brute qui se fait appeler “le commandant” qui n’hésite pas à écraser ses cigarettes sur le ventre de Mireille.  Un homme qui va constamment la maltraiter, la rabaisser, la violer.  Pendant treize jours  le jeune femme va vivre un véritable enfer et quand  son père se décide enfin  à payer la rançon,  Mireille rentre brisée.

  L’ouvrage remarquablement traduit par Santiago Atozqui laisse au lecteur une impression poisseuse et lourde, de celles qui ne disparaissent pas en quelques heures tant l’écrivaine américaine a réussi à transformer sur le plan littéraire ces treize jours de cauchemar.  Roxane Gay est, comme son héroïne, d’origine  haïtienne. Elle connait bien les beautés et les horreurs de sa terre d’origine et le tableau qu’elle nous offre est à déconseiller aux lecteurs trop sensibles. Il y a une sauvagerie et une brutalité dans son récit qui ne peut laisser aucun lecteur indifférent. 

   “Treize jours” est aussi une méditation sur le pardon et la nécessité de reconstruire sa vie après un traumatisme d’une violence inouïe. Mireille devra désormais intégrer cette parenthèse d’épouvante. La prose de Roxane Gay parvient à  peindre magistralement un Haïti où se côtoient  misère et privilèges, déchéance et solidarité. Le lecteur est plongé dans les méandres d’une psychologie qui a côtoyé le royaume des morts au point de ressentir le froid des caresses d’Hadès.  Magistral !

Archibald PLOOM

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LITTERATURE BRITANNIQUE

     Chacun se demande un jour ou l’autre ce que nous ferions si  un épouvantable malheur s’abattait sur notre famille. La réponse est d’ailleurs bien incertaine car ce sont les évènements qui déterminent nos décisions et rarement la seule pensée de ses évènements.  A ce titre la littérature est sans doute le miroir  le plus réaliste que nous tendrait l’écrivain, une expérience qui, sans répondre à toute les questions, aura le mérite de peindre les affres  d’une situation insupportable : c’est exactement la proposition littéraire de l’écrivain anglais Andrew Miller  avec “La nuit, la mer n’est qu’un bruit” qui nous plonge dans un maelstroem romanesque où le malheur entraine une fuite inexorable des deux personnages principaux : Maud et Tim.  Ces derners sont mariés depuis plusieurs années. Maud est fille unique à l’esprit très rationnel, une scientifique qui n’accorde à la vie qu’un maigre loyer. Elle est issue d’un milieu modeste, de ceux qui ont rarement droit à une seconde chance.  Tim, de son côté, à l’âme plus artistique et bohème. Il aime  ses instruments  de musique et les mots qu’il fait résonner sur les notes.  Tout devrait les opposer mais ils nourrissent une passion commune  pour leur fille Catherine et  aussi  le fait de naviguer  ensemble.

   Quand le malheur va venir frapper à leur porte ils vont réagir de façon très différente. Tim, engloutit par sa douleur, va se réfugier chez ses parents, fuyant le regard de sa femme. Maud, au contraire, va larguer les amarres en tournant le dos à son quotidien et en embarquant pour une traversée des océans qui la mènera en Amérique du Sud à la rencontre d’un autre destin.

   Roman  poignant , d’une grande puissance romanesque, “La nuit, la mer n’est qu’un bruit”  cherche son chemin dans un océan de douleur  avec l’élégance  toute britannique  d’un grand bateau à voile.  Quand l’espoir s’est retiré il ne reste que la foi ou la quête.  Andrew Miller nous invite à explorer le chemin que Maud va suivre pour retrouver le sens de sa vie, d’une autre vie … Bouleversant et profond. 

Archibald PLOOM  

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