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HISTOIRE

HISTOIRE DES MEDECINS de Stanis PEREZ

Molière les avait joliment moqués mais reconnaissons qu’aujourd’hui la profession de médecin jouit d’un prestige important dans une société où l’Etat providence a favorisé,  après la seconde guerre mondiale,  une politique de santé  qui plaça le médecin au centre du dispositif. Pourtant cette profession pour le moins prestigieuse ne s’est pas vue encore consacrée une synthèse historique d’envergure.  C’est donc à cette tâche que s’est attelé l’historien Stanis Perez de cette “Histoire des médecins” sous titrée “Artisans et artistes de la santé de l’Antiquité à nos jours”.  Perez s’était déjà intéressé dans trois précédents ouvrages à la santé de Louis XIV ainsi qu’à la mort des rois.  La synthèse qu’il nous propose est donc la droite suite d’une réflexion dont la santé est le coeur.

Si l’ouvrage s’intitule “Histoire des médecins” c’est que si les histoires de la médecine sont nombreuses, les histoires générales des médecins sont plus rares, ne retenant d’ailleurs généralement  que les ancêtres prestigieux, les valeureux précurseurs ou encore les célébrités des temps obscurs. Revenir à une histoire de l’ordinaire médical n’est d’ailleurs pas évident car définir ce qu’est un médecin à travers l’histoire n’est pas simple.  Le monopole dont jouissent  les praticiens aujourd’hui n’est que très récent. Rétablir la santé a longtemps relevé de la magie, des croyances religieuses, des pratiques traditionnelles ou de l’entraide familiale. Etranger à la famille et réputé vénal le médecin est longtemps passé pour un opportuniste de la souffrance, un inquiétant personnage s’immisçant dans la vie privée en imposant des dogmes peu comprehensibles pour le profane.

   Il incombe au médecin le transformer le quidam qui vient le consulter en patient, c’est encore lui qui choisit ou non de le classer parmi les malades. Mais dans les temps de forte mortalité il est tentant de rejeter l’autorité médicale. Ce qui donnait raison au colporteur et à sa potion secrète alcoolisée.

Tenter de distinguer le vrai médecin du faux est tout simplement accessoire du point de vue historique. Il est plus instructif  d’identifier le champ culturel et social auquel se rattache le médecin en fonction des périodes de l’histoire. N’est-il pas un artisan de la santé dans l’Antiquité?  On sait que la technè chère aux Grecs est un savoir faire qui marie la technique et l’esthétique.  Dans cette perspective, le médecin est aussi  un artiste. Son objectif ne peut être comparé à celui d’une science exacte alors que, suivant la réflexion de Kant, on ne sait jamais si l’on est vraiment bien portant.  En l’occurrence, il s’agit moins pour la médecine d’éradiquer toute possibilité de maladie que de rétablir un état temporaire de “bonne santé, un équilibre toujours conditionné par la complexion d’un individu sinon ses propres impressions.

   En cinq grands chapitres Stanis Perez remonte le temps en compagnie de ceux qui  firent passer  le métier de médecin  d’un artisanat un peu bohème au prescripteur à la formation hautement scientifique.  Le XX eme siècle a été riche en paradoxes : en consacrant  le rôle du praticien, la société lui a aliéné une part importante de son autonomie.  Ni artisan ni artistes, le médecin devient un énieme prestataire de services surveillés par la Sécurité sociale et dont la marge de manoeuvre s’amenuise peu à peu. 

   Cette “Histoire des médecins” constitue une synthèse et une réflexion capitale pour comprendre le développement d’une profession qui se consacra depuis l’origine à la sauvegarde de la santé de ses contemporains.

BERTRAND JULLIEN

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LITTERATURE FRANÇAISE

Le thème des amours adolescentes n'a pas fini de nous intriguer. Maintes fois revisité, il suscite à chaque fois interrogations et compassions. Ces passions éphémères n'oublient pas de laisser sur certains des traces ineffaçables. En sera t-il autrement pour Gabriel et Salomé? Les premières pages ne laissent aucun doute au lecteur, ils ne seront pas exempts l'un et l'autre de ces troubles qui les accompagneront dans l'âge adulte. Mais pourquoi s'imaginer que ces amours maladroits et parfois impossibles auraient pu être les prémices d'un conte de fée? Comment ces rencontres furtives et intenses peuvent elles créer un mythe? Pendant combien de temps Gabriel et Salomé vont-ils continuer à vivre par procuration?

Gabriel est écrivain, le prix littéraire qui vient de lui être décerné est une véritable consécration. Il doit se rendre à Bruxelles pour promouvoir son roman. De son côté, Salomé est assistante parlementaire au parlement européen . L'occasion est trop belle, Bruxelles devient le lieu magique où ils vont pouvoir à nouveau se rencontrer. Entre eux deux, un simple livre pour les rapprocher . Quel est donc ce roman qui  propulse aujourd'hui Gabriel sur la scène des auteurs reconnus?

Dans son adolescence, Salomé rêvait de devenir danseuse professionnelle. Sa grâce, son élégance et ses heures de travail à la barre pour façonner son corps la conduiront presque naturellement à la Royal Ballet de Londres, loin de Gabriel. Le pas de deux qu'ils avaient amorcé s'est disloqué et l'étoile en devenir a filé vers d'autres horizons. Tout les rapprochait et les opposait. Et encore actuellement, comme deux aimants, ils s'attirent mais finissent tôt ou tard par se repousser.  C'est une danse infernale qu'ils mènent depuis longtemps, ils sont pris dans un tourbillon et  ne peuvent l'un et l'autre le quitter. Leur vie est rythmée comme une valse à plusieurs temps sans que l'un et l'autre accorde ses pas. "Notre histoire est sans fin parce qu'elle n'a pas d'avenir. Même si nous nous quittons aujourd'hui entre ces pages, nous ne cesserons jamais de nous aimer".

Harold Cobert ne manque pas de nous surprendre par l'originalité de ce roman au thème pourtant si banal. "Lignes brisées" se lit d'une traite, comme une danse qu'il est difficile d'interrompre, emporté par le mouvement, le charme et la délicatesse. 

SYLVIE LAVAINE

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LITTERATURE IRLANDAISE


Un voyage, oui, mais à Berlin. Un voyage, oui, mais aux côtés de Liam l’homme de lettres et d’Una la romancière irlandaise. Et visiter une ville telle que Berlin aux-côtés d’une femme telle qu’Una sera pour celui qui l’accompagne l’occasion d’endosser le rôle de Sherpa des souvenirs. Souvenirs d’une capitale allemande écrasée d’histoire, mais aussi mémoires d’une femme de plume qui conféra à chaque ville qu’elle étreignit une dimension singulière.

Berlin et son église éventrée par les bombes. Berlin et ses fragments de mur comme autant de fractures entre les hommes. Berlin et son mémorial de la Shoah comme autant de stèles dressées contre la confusion d’un régime qui perdit la raison. Le temps d’un printemps berlinois Liam le narrateur de cette pérégrination pousse le fauteuil roulant d’Una. Atteinte d’un cancer en phase terminale, elle sait qu’elle ne reverra plus cette ville et que ce voyage sera son dernier. Pour garder vivace le souvenir de son amie Liam s’attache à une multitude de petits riens qui fixeront son image. Ses baskets rouges usées dont l’un des deux lacets est cassé. Son sac à main transparent qui laisse filtrer les rayons verts de son intimité. L’un plus solaire lorsque se devinent ses lunettes et son monde de papier et l’autre plus inquiétant lorsque se bousculent sous les trames du plastique de pleines boites de médicaments. Le soir il fait frais à Berlin. Una frissonne. Elle se raconte. Elle dénoue les liens qui obscurcissent les âmes, évoque la nécessité de la solitude pour appeler l’inspiration et enfin sa quête de vérité pour dire son histoire familiale trouble sans laquelle elle ne serait pas devenue cette romancière appelée à comparaître devant le monde. Mais en dépit de la reconnaissance de ses pairs et des jalons d’émancipation qu’elle ne cessa de brandir, c’est une Una blessée et mélancolique qui s’offre à lire. Une détroussée de l’amour, poursuivie par l’image d’un frère cadet marginal dont elle regrette d’avoir pris si peu soin. Entre présence et nonchalance, Liam écoute son amie, encaisse ses états d’âme et ses coups de griffes et finit lui aussi par s’épancher sur ses propres blessures secrètes. Joue contre joue, les yeux mi-clos, ils composent le dernier acte de cet opéra de mots qui scella leur amitié.

Emouvant hommage rendu à la romancière irlandaise Nuala O’Faolain qui fut une intime d’Hugo Hamilton, « Voyage à Berlin » vibre d’une justesse sans affectation et c’est avec une délicatesse teintée de rudesse que l’auteur dessine le cœur en trèfle à quatre feuilles de sa fougueuse amie. Aucun apitoiement entre ces lignes où s’invitent une fine analyse de l’âme humaine et le goût d’une littérature qui encapsule la fragilité des émotions. De ces émotions qui vous poursuivent tant Hugo Hamilton en est un artisan aux mains d’or. Un très beau dernier voyage sur les bords de la Spree.

« Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis. » Victor Hugo

ASTRID MANFREDI

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