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LITTERATURE AUSTRALIENNE

LA MAUVAISE PENTE de CHRIS WOMERSLEY

La littérature australienne a gagné ses galons depuis belle lurette.  Un vent de sable sec et âpre se mêle  à l’encre inspirée de ces écrivains du dernier  des nouveaux mondes. La prochaine fois il faudra attendre la conquête d’une planète habitée où nous massacrerons sans aucun doute les autochtones si par chance ils ne disposent pas de notre niveau technologique.  C’est un peu ce qui s’est passé en Australie et en Amérique.   Toutes les populations venues d’Europe ont fait pas mal de dégâts de part le monde et même sur leur propre terre. 

    Vous êtes en train de vous demander le rapport avec “La mauvaise pente” de Chris Womersley. La réponse tient sans doute au fait que du caniveau de l’histoire est né une littérature puissante qui a su suivre la pente des grandes tragédies humaines.  Womersley écrit avec une lame de couteau qu’il plonge dans le fond de l’âme sombre des hommes, ceux-là même qui traversent ses romans comme Lee ce petit voyou qui se réveille dans un motel sordide avec une balle dans le ventre.  Près de lui un médecin morphinomane  qui va l’aider à échapper à la police. Voilà un point de départ intéressant qui ouvre “La mauvaise pente” sur un récit aussi haletant qu’impitoyable.

    Il vaut mieux savoir pourquoi on a pris une balle au ventre parce que les choses peuvent sacrément se compliquer par la suite.  Womersley distille avec une précision d’orfèvre suspense, descriptions au cutter et portraits psychologiques en creux.  Son récit  qui démarre in médias res ne fléchit jamais et entraîne le lecteur dans une progression narrative d’une efficacité redoutable avec un talent particulier dans le choix des adjectifs : “Un certain Morris vient se planter de son côté. Il ne dit rien mais Lee sent sa crépitante présence, façon ligne à haute tension. Morris est chauve et compact. Il porte un maillot de corps d’un bleu délavé, comme un simple plombier, le haut de sa salopette rabattu avec les bretelles qui pendouillent au niveau des cuisses. Il a de grosses mains et parle en coin. C’est un joueur compulsif qui a monté une arnaque à la carte de crédit  lui ayant rapporté plus de cinquante mille dollars, jusqu’au jour où il s’est fait serrer. C’est lui qui l’affirme, en tout cas. Morris est prêt à parier sur tout et n’importe quoi.  Il parierait sur deux mouches escaladant un mur.”  Savoir passer par les détours de la description est l’une des qualités indispensables de ce type de littérature et reconnaissons que Womersley excelle dans ce type d’exercice pour le plus grand plaisir du lecteur.  La découverte du bordel par exemple ou la manière dont on assassine un cheval.  La manière aussi dont on voit la mort venir à soi : “ Prendre en charge sa propre souffrance, c’est déjà quelque chose.  Une parodie de réconfort. Des tremblements le traversèrent telle une bande de gamins traînant leurs bâtons sur une palissade en tôle ondulée. Il tira de nouveau et, à force, la peau de ses poignets se déchira et une ecchymose fit surface très vite, comme si elle n’avait attendu que ça . Contusion. Tu me couches dans la poussière de la mort.”

Dans “La mauvaise pente” on opère un ami pour le sauver  et l’on enterre un ami que l’on a pas  pu sauver. Mais les comptes se règlent impitoyablement et l’on finit par embarquer sur un cargo qui vous offre la chance de recommencer ailleurs une autre vie. 

C’est une bonne idée d’avoir traduit cet épatant roman et de nous permettre de découvrir l’australien Chris Womersley avec lequel il faudra désormais compter.  

ARCHIBALD PLOOM

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BIOGRAPHIE HISTORIQUE

Il faut lire les biographies des grands hommes. Il faut les lire parce qu’elles éclairent à la fois leur personnalité hors du commun et l’époque à laquelle leur destin est lié.  Cependant entreprendre la rédaction d’une nouvelle biographie peut relever de la gageure même pour un auteur aguerri. C’est ce que l’on comprend en lisant l’introduction du Richelieu, l’aigle et la colombe d’Arnaud Teyssier. Il y recense toutes les raisons de ne pas risquer une telle aventure.  L’une des principales tient au fait que Richelieu a été honoré par des centaines d’études souvent très érudites.  Heureusement Arnaud Teyssier, fort d’un savoir encyclopédique sur ce grand serviteur du royaume de France, s’est résolu à nous proposer  une vision renouvelée d’Armand-Jean du Plessis de Richelieu. Il a bien fait. 

Ce Richelieu nous délivre une peinture qui parvient à conjuguer érudition et dynamisme de l’écriture.  Il ne suffit pas de connaître à fond son personnage il faut aussi disposer d’une plume capable d’en faire le portrait sans ennuyer.  C’est le pari que gagne tout au long de ces 500 pages Arnaud Teyssier.

Celui que l’on surnommait “l’homme rouge” ne s’est pas fait en un jour mais ce que fait émerger son biographe c’est que son ambition se révéla très tôt et son intelligence sut mettre à profit toutes les situations bonnes ou mauvaises qui se proposèrent à lui.  Il ne faudrait pas imaginer que le chemin emprunté par le cardinal fut toujours couvert de pétales de roses. Bien au contraire on lui tendit souvent la rose du côté des épines. Mais sa passion de l’Etat et des lois qui le régissent fut pour Richelieu des auxiliaires précieux. Ainsi dans sa volonté d’en finir avec les duels il fut inflexible : “son souci intangible de l’application pleine et entière de la loi sans laquelle toute autorité est détruite ; la nécessité de passer au-dessus des formes et de prévenir l’accomplissement du crime.”.

Inflexible Richelieu ne l’est pas seulement dans ses fonctions d’homme d’Etat, “il agit et raisonne en prêtre.”  Pour lui les nobles ont pour vocation à être “les boucliers du roi et de l’Etat” et s’ils ne le sont pas le roi doit s’en affranchir car le glaive dont dispose la noblesse vient du “Trésor du ciel”. Il n’y a donc à n’avoir aucune pitié pour ce qu’il considère comme des traîtres puisque selon lui le duel est un crime.

Richelieu réussit aussi ce que Fouquet manquera quelques années plus tard : s’enrichir sans jamais faire d’ombre au roi. “Richelieu prête au roi. Prête à l’Etat. C’est l’usage. Il dépense aussi immensément, pour tenir son rang, pour construire des palais, réunir des oeuvres d’art, constituer de vastes bibliothèques destinées à des usages publics après sa mort. (…) Au total, entre les libéralités du roi, les ressources considérables provenant de la Marine, des bénéfices ecclesiastiques, des investissements domaniaux, ses revenus auraient quadruplé entre 1628 et sa mort. (…) Cette fortune n’était assurément pas destinée aux plaisirs personnels du cardinal : il n’en profita jamais.”

Son triomphe au terme du siège de la Rochelle en octobre 1628 fait de lui un homme au pouvoir sans limite mais souvent les crises couvent sous la cendre des victoires.  Richelieu lucide n’a-t-il pas écrit dans son remarquable “Testament politique” : “Plus un ministre est-il utile à son maître et puissant à son esprit et en sagesse, plus y-a-t-il de personnes qui l’envient, qui désirent sa place et essayent de l’en faire déchoir pour l’occuper”. Des personnalités importantes comme Marillac ou Berulle, le rôle ambivalent et trouble de Marie de Médicis peuvent précipiter Richelieu au bas de son piedestal. L’homme le sait. Il sait prendre les accommodements nécessaires mais ces guerres larvées au plus haut sommet de la machinerie d’Etat l’épuisent. Mais Richelieu se méfie plus que tout des manifestations excessives d’affection.  

Le 11 Novembre 1630 Richelieu a le sentiment d’être au bord du gouffre. Ce jour là la reine “confirme au roi sa décision de défaire Richelieu de toutes les charges et dignités qu’il a conservées auprès d’elle, invitant ainsi, sans le dire explicitement, le souverain à faire de même. (…) Louis XIII écoute sans mot dire.” Quelques heures plus tard il confirmera Richelieu dans ses responsabilités, exilant au passage un Marillac trop pressé de le remplacer.  Une certaine idée du pouvoir et de la France se maintenait donc à la tête du royaume. “Richelieu, en jetant les bases de la suprématie de l’Etat et de l’intérêt public, s’inscrit avec force dans ce long processus historique. Mais  - et c’est là qu’il est totalement prêtre et qu’il prend en politique sa pleine originalité, le cardinal n’oubliait pas la société.”

Lisez le Richelieu d’Arnaud Teyssier vous en sortirez édifié et sans doute vous direz-vous que la société de l’ancien régime savait aussi produire les esprits qui firent la France d’aujourd’hui. 

ARCHIBALD PLOOM  

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HUMEUR NOIRE

 Je n’ai pas lu l’ouvrage de Valérie Trierweiler, je ne lis jamais ce genre d’ouvrages, c’est un principe d’hygiène personnel. J’ai appris que des centaines de milliers de Français se sont, eux,  précipités sur  les bonnes feuilles de cette autobiographie vénéneuse.  Ce sont toujours les mêmes, au fond, qui  viennent goûter aux saveurs du caniveau , ceux qui croient que ce type de littérature nous révèle autre chose qu’on ne sait déjà. Il suffit pourtant de plonger dans la noirceur de son âme, où d’assister en spectateur au divorce de proches pour tout connaître  des douleurs et des saloperies humaines.

Je lis actuellement l’œuvre de Sophie Schulze, quelques courts romans et un petit essai aussi fulgurants qu’exigeants. Schulze   interroge la vie en poussant comme Sisyphe son rocher sur la montagne. Je n’ai pas pu m’empécher de penser au Camus de « La Peste » en la lisant. Sophie Schulze cherche  jusqu’à vouloir effacer son nom de la couverture. J’aime cet auteur, j’aime sa rigueur morale… Vous voyez où je veux en venir.

Valérie Trierweiler ne sait rien ni de la rigueur journalistique, ni de la morale. C’est l’époque qui veut ça.  C’est une adolescente blessée qui fait sa crise. Elle est pitoyable, ne possède aucune grandeur.  Elle sort du lit  et ouvre grand la fenêtre : «  Le Président de la République est un salaud, il m’a trompée et donc il vous trompe ! » Bon … Moi je suis un homme,  français  et républicain, je connais les travers des hommes et ceux du politique. Pour moi le président est un homme et un politique. Je suis sans illusion. Mais enfin… Jusqu’où va-t-on aller ?  

Dom Juan trompait-il ses conquêtes où faisait-il  de naïves des femmes lucides ? Certains apprennent d’autres jamais …  Visiblement Valérie Trierweiler n’aime pas les hommes comme ils sont vraiment. A relire le Musset  elle aurait gagné du temps : « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels… » Quand à François Hollande il se serait évité bien des tracas en acceptant le constat du même Musset : «  Toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ». Oui, oui monsieur le Président  on ne badine pas avec l’amour … 

Pas besoin d’être non plus très psychologue pour poser la bonne équation. Si  Valérie Trierweiler  est femme, elle était aussi journaliste à Paris Match ; journal qui est conduit par un principe très simple : tout déballage médiatique  à un prix  d’achat qui devra être inférieur au bénéfice final qui doit, lui,  trouver le plus grand multiplicateur. .  Notre première dame abandonnée n’a pas fait un autre calcul,  elle déshonore le vrai journalisme d’investigation mais elle gagne gros et elle se venge.  Dom Hollande est précipité aux enfers… Sauf que …. C’est le Président  de la République d’un pays qui s’appelle la France qui n’avait pas besoin de cela.  Allez Français encore un effort !

  Le silence de la caste journalistique germanopratine sur les confusions  entretenues par Valérie Trierweiler signale avec acuité la crise dans laquelle les médias sont inexorablement entraînés :  préséance du direct sur le commentaire à froid,  privilège du sensationnel sur l’information vérifiée.  La vanne des égouts est ouverte et plus personne ne semble être capable de la refermer. Personne pour condamner la collègue qui va trop loin. Pourquoi ?  Elle a fait le boulot après tout, leur donnant à tous du grain à moudre. Désormais il vaut mieux être journaliste que politique.

    Un petit détail est révélateur.  Celui qui voit le triomphe de la femme – ex première dame – mais toujours  journaliste -  bafouée …  Vous savez cette fameuse expression des « sans dents » utilisée à propos des Français les plus pauvres par notre président  sur le ton de la rigolade.  Où est la preuve ?  Juste la parole de  Valérie Charlotte ou Mathurine Trierweiler séduite et abandonnée par Dom Hollande.  Tu parles d’une information.  Il fallait le trouver le petit détail  qui tue ! Le truc qui fait plus vrai que vrai ! Un peu comme les citations d’écrivains qui ne les ont jamais écrites ! « Madame Bovary c’est moi ! »  Reconnaissons que l’expression des « Sans dents »,  dont tous les médias ont fait des gorges chaudes, était bien trouvée. Un peu trop d’ailleurs.  Ces « sans dents » sentent tellement le concept marketing que je ne peux m’empêcher de penser que c’est une balle de plus dans le barillet de la femme déshonorée.  Autrefois les romantiques se brûlaient la cervelle dans des chambres pouilleuses, aujourdhui  une pseudo romantique peut salir le premier des Français avec l’assurance que ça fera du buzz.  La preuve  sur la véracité de la fameuse expression ne sera jamais apportée mais les médias valident.  Peut-on vraiment voir un progrès de l’esprit dans  cette triste pratique journalistique ?   Et un célèbre journal du soir d’expliquer qu’il est bien obligé d’en parler puisque tout le monde en parle… Pourtant personne n’oblige personne à aller faire trempette dans une fosse sceptique sous prétexte que les autres le font.

Quelques jour plus tard une journaliste qui avait partagé la vie d’Arnaud Montebourg déclarait en direct sur  une grande chaîne d’information alors que ce dernier était sommé de quitter le gouvernement  qu’il « venait de prendre un TGV  dans le buffet ». On appréciera le style et la grandeur d’âme qui lui est associée.

La confusion des vies entre journalistes et politiques conduira à la reproduction  inexorable de ce genre de situations.  L’éthique voudrait  que ce fût impossible mais la réalité veut que ça le soit.  Je les plains pour ce qu’ils s’infligeront mais je nous plains de devoir assister à ce triste spectacle. La République n’y gagnera rien et aurait peut-être tout à y perdre. 

ARCHIBALD PLOOM

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