• JETSOUND
  • JETSOUND
  • JETSOUND
  • JETSOUND
HISTOIRE

LA RUSE ET LA FORCE de Jean-Vincent HOLEINDRE

Chez les grecs il y avait deux divinités qui  intervenaient  dans le développement  d’un conflit guerrier : Kratos , la force  et Mètis, la ruse.  Jean-Vincent Holeindre nous propose une réflexion passionnante autour de cette combinaison qui structure depuis l’origine l’histoire de la stratégie en occident.  Victor Davis Hanson remarque dans son ouvrage de référence “Le Modèle occidental de la guerre”  que la ruse n’apparait jamais comme un élément majeur de la stratégie. La force a davantage attiré l’attention des historiens. A ce titre “La ruse et la force” constitue une rupture radicale avec la doxa occidentale dans ce domaine.    L’enjeu de l’ouvrage de Jean-Vincent Holeindre est d’en finir avec le “modèle occidental de la guerre” dont la ruse serait exclue au motif qu’elle serait à la fois inefficace et illégitime.

   L’auteur qui est l’un des meilleurs spécialistes français en matière de stratégie va réfuter méthodiquement la lecture étroitement culturaliste de la stratégie, qui enferme les discours et les faits militaires dans des identités fixes et naturalisées. Il y a une véritable volonté de la part d’Holeindre de montrer ce que la ruse, dans la stratégie occidentale, doit à la ruse.  Il s’agit véritablement d’une histoire sur la longue durée, dialectique et généalogique, des relations entre la ruse et la force.

   L’historien met en évidence que ces deux approches de la stratégie renvoient à deux traditions militaires qui ont difficulté à cohabiter : les partisans de la ruse, à la suite d’Ulysse, mettent l’accent sur la manoeuvre, l’économie des forces, le mouvement, la surprise,  tandis que les partisans de la “force ouverte” après Achille ont la culture du nombre, du choc et de la concentration des moyens.

   La réflexion d’Holeindre très inspirée par l’ouvrage fondateur  “Les ruses de l’intelligence” de Jean-Pierre Vernant et et Marcel Destienne met en évidence les deux visages possibles de la guerre  : celui d’Achille et celui  d’Ulysse. A l’heure où les groupes terroristes développent des stratégies peu conventionnelles, la reconnaissance mutuelle entre soldats a laissé place à l’évitement, les attaques ciblées de drones répondant aux attentats suicides. On comprend alors que la lecture d’un tel ouvrage devient indispensable.  Une autre histoire de la stratégie qui permettra de penser autrement les guerres d’aujourd’hui et de demain.

Hugues DE SINGLY

CULTURE-CHRONIQUE.COM encourage ses lecteurs à se rendre en librairie  afin de soutenir le réseau des librairies françaises. Vous pouvez aussi cliquer sur le logo "Lalibrairie.com", votre commande sera alors envoyée chez le libraire de votre choix. Enfin, hormis "Amazon", la plupart des librairies en ligne que nous vous proposons sont aussi des librairies de centre-ville que nous vous encourageons à découvrir. La santé du livre dépend de la santé des librairies. 

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter       

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE   

 

> Lire la suite
POLAR

   Avec "Pire que le mal" Sylvain Forge nous propose un thriller très structuré traversé par un fil rouge obsédant : une véritable charge contre les firmes transnationales agro-alimentaires. La firme BGC que l'écrivain met remarquablement en scène nous fait immédiatement penser au monstre tentaculaire Monsanto tant dans les méthodes de production, de diffusion des poisons que dans ses origines sulfureuses flirtant plus ou moins avec le point Godwin.

Ces firmes peuvent faire preuve d’un cynisme infini qui confine au génie mercatique. Elles prétendent, avec l’appui des pouvoirs publics, lutter contre le virus Zika qui provoque des malformations fœtales sous forme de microcéphalies. Pour l’éradiquer, sauver l’humanité d’une terrible pandémie et sauver l’industrie chapelière, ces bienfaiteurs nous vendent et épandent des pesticides qui déformeront eux aussi les fœtus cette fois-ci sous forme de macrocéphalies.

En Thaïlande, le militant écologiste Lucas Delmas est retrouvé mort, baignant dans l’eau d’un fleuve. La nouvelle remonte à Paris où son frère Benjamin vit. Brouillés depuis le suicide de leur père, ce dernier poursuivra le combat de son frère avec hargne entre la France, l’Espagne et l’Allemagne. En parallèle, un père employé de la firme tentera de renouer une relation avec sa fille, aux convictions anarchistes appuyées. Ces personnages seront confrontés aux mafieuses et déroutantes pratiques de BGC qui n’hésite pas à employer des mercenaires, redoutables aplatisseurs d’encéphalogramme.

Imanol SIBERNA

CULTURE-CHRONIQUE.COM encourage ses lecteurs à se rendre en librairie  afin de soutenir le réseau des librairies françaises. Vous pouvez aussi cliquer sur le logo "Lalibrairie.com", votre commande sera alors envoyée chez le libraire de votre choix. Enfin, hormis "Amazon", la plupart des librairies en ligne que nous vous proposons sont aussi des librairies de centre-ville que nous vous encourageons à découvrir. La santé du livre dépend de la santé des librairies. 

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter       

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE

COUP DE COEUR CULTURE-CHRONIQUE

Un grand roman tient toujours de l’énigme. C’est un surgissement inattendu qui prend le lecteur à revers, l’ébranle et brise sa boussole  littéraire.  “Sainte Caboche”  de l’écrivaine brésilienne  Soccoro Acioli   appartient  à cette catégorie  romanesque hors norme qui laisse une longue trace d’encre  au fond de la mémoire de ceux qui l’auront lu.  Reste qu’une grande oeuvre littéraire à besoin d’un grand traducteur et il faut rendre hommage à Régis de Sa Moreira qui a su rendre au texte d’Acioli toute son étrangeté.

   “Sainte Caboche” se présente comme un conte moderne qui plonge au coeur des superstitions du Nordeste Brésilien. Socorro Acioli qui a débuté dans  la littérature  jeunesse a été conseillée par Gabriel Garcia Márquez qui  lors d’un atelier avait repéré un style prometteur et  une véritable inventivité narrative.  Les éditions Belleville nous permettent  de découvrir ce petit chef d’oeuvre en nous offrant  une option supplémentaire :  des notes connectées. De quoi s’agit-il ?  D’une multitude de contenus pour accompagner et enrichir la lecture. Quand vous rencontrez une balise dans l’ouvrage  il suffit de saisir le mot-clé sur le site dédié  qui vous permet de lire des articles, de découvrir des photos, des vidéos et des pistes audio pour retrouver l’ambiance du roman.  C’est une manière nouvelle de savourer un roman en profitant d’un voyage intéractif  - ou pas car le lecteur reste évidemment souverain.

    L’écrivaine brésilienne nous propose un récit formidablement inspiré  où se mêlent la dimension fantastique du conte  et l’âpreté d’une critique sociale profondément  liée à la situation des campagnes brésiliennes. On découvre Samuel, le personnage  principal,   au moment où il arrive au terme d’une longue traversée  des paysages  du Nordeste  brésilien.  Le voyage a transformé ses pieds en une  paire d’animaux  immondes en dentus.  Mais ce n’est que le début d’une incroyable histoire. En effet Samuel  va s’installer dans une grotte  dont l’entrée semble former un visage . Pour le voyageur épuisé c’est un havre.  Mais dans son nouveau repaire notre homme ne va pas tarder  à entendre la voix de Saint Antoine…  Du coup Samuel  ne va pas tarder à devenir prédicateur  ce qui va lui rapporter une certaine reconnaissance symbolique et pas mal d’ennui.

   “Sainte Caboche”  est un roman plein de grigris, d’icônes et de superstitions. On se perd au fond de forêts qui ne sont pas toujours  accueillantes et l’on découvre un village brésilien plein de contrastes et de rivalités.  Une très belle découverte qui révèle un grand style  qui sait croquer l’humanité avec beaucoup de tendresse  et une once de cruauté. 

Archibald PLOOM  

CULTURE-CHRONIQUE.COM encourage ses lecteurs à se rendre en librairie  afin de soutenir le réseau des librairies françaises. Vous pouvez aussi cliquer sur le logo "Lalibrairie.com", votre commande sera alors envoyée chez le libraire de votre choix. Enfin, hormis "Amazon", la plupart des librairies en ligne que nous vous proposons sont aussi des librairies de centre-ville que nous vous encourageons à découvrir. La santé du livre dépend de la santé des librairies. 

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter       

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE