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COUP DE COEUR CULTURE-CHRONIQUE

POUR QUE RIEN NE S’EFFACE de Catherine LOCANDRO

    Après son très beau  “L’histoire d’un amour” Catherine Locandro  nous propose  avec  “ Pour que rien ne s’efface”  un roman chorale  où les voix et les rencontres se succèdent à rebours d’une disparition, celle de Lila Beaulieu retrouvée sans vie dans  sa soixante cinquième année. Cette ancienne icône du cinéma vivait dans un petit studio, oubliée de presque tous et l’écrivain  va retracer sa vie  en retissant  chacune de ses étapes à travers le regard  de douze témoins  qui auront croisé  Lila à des moments différents  de son existence.  Ces voix vont se superposer et retracer  son parcours, celui d’une disparition  progressive à partir  de l’incandescence  d’une image de cinéma, celle qu’elle était devenue  presque au début de sa vie  mais qui, d’une certaine manière, n’a pas tardé à la perdre.  

   Par petites touches Catherine Locandro va reconstituer  chaque pièces de  cet habit d’Arlequin que fut la vie de de Lila Beaulieu.   Des heures qui suivirent son trépas à la naissance de Lila,  l’écrivain remonte le temps  à travers  le récit des personnages  qui vont se succéder au fil des chapitres.  

   Les contours de cette femme qui s’était abîmée dans la solitude et l’alcool à la fin de son existence se redessine  progressivement. D’amours perdus en rencontres de hasard   la vie de Leila va se faire puis se défaire.  Le style à la fois enlevé et profond  de Catherine Locandro rend cette minutieuse enquête psychologique  passionnante.  Le dévoilement fonctionne sur un mode impressionniste. L’écrivain éclabousse la toile des couleurs  qui furent celles de cette héroïne  tombée dans l’oubli.  Quand le temps est enfin retrouvé la mémoire de cette vie est entièrement reconstitué et le point final redevient le point de départ.

   “ Pour que rien ne s’efface” est une performance littéraire et un remarquable roman sur le sens de la vie, le travail de mémoire et les liens qui unissent les êtres les uns aux autres. Une oeuvre profondément humaine qui ne néglige rien des contradictions d’une existence et qui révèle sur un mode chorale  chaque faille, chaque  détail, chaque silence de celle ci.  Une magnifique réussite littéraire.  

Archibald PLOOM 

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THRILLER

   L’écrivaine australienne Candice Fox  sait écrire, elle le sait si bien d’ailleurs qu’elle enseigne  l’écriture à l’université.  Ses deux premiers romans “Hades” et sa suite “Eden"  ont connu rapidement un succès international et l’on doit se réjouir de la publication en français par les éditions Michel Lafon d’”Hades”, où l’on découvre le binome de la brigade criminelle de Sydney  constitué de  Franck Bennett  et de sa coéquipière Eden.  Les deux flics ne vont pas avoir le temps de se jauger longtemps car leur première enquête va démarrer  de manière aussi sanglante que trépidante. On découvre en effet dans la marina de Sydney pas moins de vingt cadavres qui vont se retrouver à la morgue de l’hôpital de quartier de Parramatta. Le massacre a été si épouvantable  que certains  corps avaient dû être reconstitués. Parmi les neufs premiers corps allongés sur deux rangées, quatre étaient de sexe féminin, cinq de sexe masculin. Le plus jeune devait avoir une quinzaine d’années.  Le pathologiste de la morgue va rapidement découvrir que tous les cadavres ont été vidé de leur sang  et qu’on leur a enlevé certains organes comme le coeur, les poumons ou les reins suivant les cas…

   Pour Franck et Eden  c’est sans doute la pire enquête  sur laquelle un flic soit obligé de travailler, un nombre de victimes indécents,  un mode opératoire  digne du pire serial killer  et des indices plutôt rares.  Par ailleurs  Franck Bennet nourrit  des interrogations  à propos  d’Eden et de son frère Eric  qui est  lui aussi flic dans la brigade.  Et puis il y a cette liste de noms raturés que Franck  a retrouvé  dans le portefeuille d’Eden.  Mais surtout pourquoi Eden a-t-elle une photo d’Hades cette légende du crime qu’on surnomme le Seigneur des Bas-Fonds ?

   “Hades” est un thriller profondément psychologique où la mort rôde au détour de chaque page.  Candice Fox distille au coeur de son récit une ambiance crépusculaire qui gagne progressivement l’ensemble du dispositif narratif qu’elle a remarquablement construit. Les meilleurs thrillers laissent toujours une impression trouble et de ce point de vue “Hadès” constitue une indéniable réussite.

Archibald PLOOM

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SF

Jo Walton compte parmi les auteurs anglo-saxons les plus inspirés dans le domaine de la SF et de la Fantaisy.  Notre écrivaine galloise vit au Canada depuis plusieurs années ce qui n’a pas interrompu le rythme de ses publications. Parmi celles-ci il faut absolument lire “Morwenna” manière de mise en abyme inspirée mettant en scène Morwenna Phelps, Mori pour ceux qui la connaissent bien, que son père a placée  à Arlinghurst, une école  privée  qui accueille ses pensionnaires dans une grande et belle demeure victorienne. L’école se dresse isolée au milieu des terrains de sport et des champs.  Mori vient des vallées galloises, plus précisément la Cynon Valley où elle a passé son enfance à jouer dans des ruines qu’elle rebaptisait avec ses amis en leur attribuant des noms évocateurs –la chaumière de la sorcière, le château du géant, le palais de la fée – alors qu’il ne s’agissait en réalité que de friches industrielles.  

   Mori n’atterrit pas à Arlinghurst tout à fait par hasard, elle est en effet convalescente ayant été victimes quelques semaines auparavant d’un terrible accident dont elle conserve des handicaps.  Mais la jeune fille sait s’abstraire de la réalité en s’immergeant  dans l’univers de la SF dont elle est devenue  une grande spécialiste.  Delany, Zelazny, Le Guin, Silverberg et Robert Heinlein  font partie de ses auteurs favoris qui l’aident à retrouver courage . Morvenna écrit aussi un journal où il lui arrive de parler aux fées. Elle est en effet entièrement immergée dans le folklore gallois qui  avait déjà nourri l’imaginaire d’un auteur comme Tolkien.  La mise en abyme consiste justement  à proposer au lecteur  de lire le journal de la jeune fille de seize ans à mesure qu’il s’écrit : le journal dans le roman qui revient sur les origines de l’écrivain lui-même. C’est très habile et surtout d’une efficacité narrative redoutable. 

   Quand Mori reçoit  une photo brûlée où l’on distingue sa silhouette elle est bouleversée et comprent qu’un grand danger la guette. Celle qui se dresse face à elle est sans nul doute la sorcière la plus dangereuse qui puisse être et cette dernière est décidé à la tuer.  Morwenna va devoir  faire preuve de courage et d’intelligence face à une ennemie qui va s’avérer  n’être autre que sa mère…

   “Morwenna” est une oeuvre troublante, profondément psychologique, qui interroge une terre riche en croyances. Le personnage de la jeune fille qui se tourne vers le monde des fées tout en tentant de sauver sa propre vie, manifeste  beaucoup des symptôme de l’adolescence parmi lesquels l’obsession de la mort.  Le roman qui a été couronné des prix Hugo et Nébula  constitue par ailleurs un magnifique hommage à la SF – à noter que le roman est publié chez Denoël dans une collection qui accueille tous les auteurs célébrés par Jo Walton - que les spécialistes apprécieront.  Pour tous les autres “Morwenna” sera simplement une remarquable machine narrative, totalement addictive, qui ne vous laissera en paix qu’à la dernière page.  

Archibald PLOOM

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