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INEDIT

SHAKESPEARE OR NOT SHAKESPEARE de Mark TWAIN

     Lire un inédit de Mark Twain pour un lecteur curieux et amateur de littérature anglo-saxonne est toujours l'occasion d'un moment de plaisir surtout quand la traduction est d’un excellent niveau. Thierry Gillyboeuf à qui l’on doit de très belles traductions de Thoreau Melville et Kipling a su rendre à la fois la langue et l’humour de Twain pour ce pamphlet anti shakespearien à la fois drôle et rudement polémique.

   Marc Twain a toujours pensé que Shakespeare était une légende entretenue par des idolâtres qu’il appelle non sans esprit les “Stratfordolâtres”.  L’idée de l’auteur de Tom Sawyer est très simple : comment  un jeune homme d’origine modeste qui est allé très peu à l’école a-t-il pu devenir le génial dramaturge que nous connaissons ? Selon la légende le petit William quitta l’école à  13 ans mais selon Twain il n’existe aucune preuve qu’il soit vraiment allé dans une école privé de Statford.  A partir de là tout n’est plus que suppositions, voire d’élucubrations, selon l’auteur américain.

   Twain a attendu d’atteindre l’âge vénérable de soixante quatorze ans pour tenter de déboulonner la statue de Shakespeare de son socle Stardfordien. Il s’amuse avec son lecteur , lui soumet  ses preuves, le pousse dans ses retranchements pour finalement expliquer qu’il est bien difficile de tirer un trait définitif sur une si belle histoire. Au fond Shakespeare est une bien meilleure légende qu’un fabuleux dramaturge puisque Twain affirme que William n’a écrit aucune de ses pièces au regard de ce qu’avait pu être son éducation. 

  Au delà de la dimension purement polémique de ce “Shakespeare or not Shakespeare” il faut le lire pour sa verve et sa rosserie.  On s’amuse beaucoup et on ressort comme revigoré de cette lecture où se succèdent anecdotes et saillies pleine d’un esprit pour le coup assez … britannique.

ARCHIBALD PLOOM  

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LITTERATURE FRANÇAISE

 Pourquoi Sonia Araquistáin s'est-elle suicidée en septembre 1945 ? Pourquoi cette artiste espagnole de 23 ans fille d'un ancien ambassadeur s'est-elle retrouvée fracassée et entièrement nue sur le pavé de Queensway près de Bayswate à Londres, après une chute de 80 pieds. Elle vivait à Bayswate depuis 1939 avec son père et se rendait quotidiennement à son atelier tout près de là. Elle avait révélé à son père qu'elle allait fonder "une nouvelle race d'immortels" et puis ... la mort. Ce destin brisé, avait passionné, à l'époque, la presse britannique et plus de 60 ans après David Bosc nous propose une reconstitution de cette vie trop courte à travers un journal apocryphe. La plume de l'écrivain se glisse dans celle de la jeune femme et tente de reconstituer des fragments d'existence à travers les évocations successives et discontinues. On se laisse prendre par la langue de Bosc qui parvient à faire revivre Sonia et ses obsessions à travers une écriture qui conjugue lyrisme et profondeur. La jeune femme évoque la vie affective de son père, la langue des animaux, la mort de sa mère, les rêves - qui la passionnent - son rapport à la création et à l'amour. Le journal se présente avec ses imperfections, des passages rayés ou illisibles, des pages arrachées. Le texte de Bosc est si réaliste que le lecteur a parfois l'impression de lire ce journal à la dérobée. Le personnage complexe de Sonia ne s'éclaire pas vraiment, au contraire l'écriture la rend plus ombreuse et insaisissable. En revanche - et c'est sans doute la force de cette approche littéraire - Bosc nous permet de saisir toute la difficulté de dire, à travers les mots, le travail artistique. L'évocation des pulsions qui habitent la jeune femme et qui l'ont peut-être conduite à mettre fin à ses jours est, à ce titre, très réussie. Ce "Mourir et puis sauter de son cheval" possède une intensité littéraire rare et envoûtante.

ARCHIBALD PLOOM

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HISTOIRE

     Selon la formule célèbre de l’historien Jean-Baptiste Duroselle  “tout empire périra” pourtant les puissances prépondérantes n’ont jamais cessé tout au long de l’Histoire de recomposer des Empires parfois immenses. Patrice Guennifey et Thierry Lentz nous proposent dans cet ouvrage vingt études sur différents empires par les meilleurs spécialistes de la question. Passionnante synthèse qui nous plonge dans des époques et des géographies très différentes. Cette imposante étude s’ouvre sur l’Empire d’Alexandre et se conclue sur l’Empire Américain, entre temps nous aurons peut être lu les études sur les neufs vies de l’Empire chinois, la chute vertigineuse de l’Empire perse sassanide, l’Empire Mongol ou le passage de l’Empire mexicain à l’empire espagnol  sans oublier les carolingiens, Napoléon et les Empires coloniaux.   Les études sont assez courtes, une vingtaine de pages environ, mais elles permettent de saisir l’essentiel de la naissance au déclin de ces empires, chacune constitue une solide introduction sur la question, libre au lecteur de s’orienter ensuite vers des ouvrages plus spécialisés. A ce titre on appréciera la bibliographie sélective que l’on trouve à la fin de chaque étude ainsi que les nombreuses cartes qui permettent de tracer précisément les contours de ces empires.

De l’un à l’autre de ces empires, les différences l’emportent trop sur les similitudes pour qu’on puisse en déduire un système qui rendrait compte du destin de chacun. Comme les êtres humains, ils se ressemblent avant tout par leur fin.  Quand on a défini l’empire comme résultant de la domination d’un certain nombre  d’entités, politiques ou non, Etats, provinces, tribus, peuples, cultures, par une autre entité, politique, celle là, on a tout dit ou presque.  La durée des empires elle-même décourage toute comparaison : quelques années pour celui d’Alexandre, près de mille ans pour l’Empire Byzantin.  Quant aux circonstances de la disparitin des empires , elles ne se comparent qu’avec une extrême prudence :  elle peut aller de la longue agonie de l’Empire byzantin à la mort foudroyante de  l’URSS en 1991.

Voilà pourquoi il faut lire cette grande leçon d’Histoire afin de comprendre ce monde d’où nous venons et qui à vu les empires mourir les uns après les autres : une enquête passionnante de bout en bout !

ARCHIBALD PLOOM

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